Délégation
interministérielle à la famille
Délégation interministérielle à la ville et au
développement social urbain
Direction de l'action sociale
Direction de la population et des migrations
Circulaire DIF/DAS/DIV/DPM n° 99-153
du 9 mars 1999 relative
aux réseaux d'écoute, d'appui et d'accompagnement
des parents
NOR : MESA9930091C
(Texte non paru au Journal officiel)
Date d'application : immédiate.
Références
:
Textes relatifs aux droits de l'enfant
et de la famille ;
Rapports préparatoires et conférence de
la famille du 12 juin 1998 ;
Décret n° 98-648 du 28 juillet 1998 portant création de
la délégation interministérielle à la famille
et du comité interministériel de la famille.
La ministre de l'emploi et de la solidarité à Madame et Messieurs
les préfets de région (directions régionales des affaires
sanitaires et sociales [pour information]) ; Mesdames et Messieurs les préfets
des départements (directions départementales des affaires
sanitaires et sociales [pour attribution])
1. L'objectif
La famille est le
premier lieu de construction de l'enfant et de transmission
des valeurs et des repères, et de ce fait, elle
joue un rôle fondamental dans la cohésion
sociale.
Dans cette fonction d'éducation de leurs enfants, tous les parents
sont susceptibles de rencontrer des difficultés. Celles-ci peuvent être
accrues du fait des problèmes sociaux que rencontrent certaines familles.
C'est pourquoi le gouvernement a décidé de développer,
avec les différents partenaires concernés, des réseaux
d'écoute, d'appui et d'accompagnement des parents avec deux priorités
:
> s'adresser à toutes
les familles, parce que toutes peuvent être concernées
et que cantonner l'action sur « des familles à problèmes » la
rendrait inefficace.
> s'appuyer sur les initiatives qui existent déjà, tout en développant
de nouvelles opérations, avec le souci de mettre en réseau les
différents intervenants, en respectant leur diversité et en s'efforçant
de construire une cohérence et une visibilité de cette action.
Depuis trois mois, la délégation
interministérielle à la famille a réuni,
dans un groupe qui préfigure le comité national
de pilotage, les administrations, institutions et grands
réseaux associatifs intervenant dans ce domaine, pour élaborer
une charte fixant des principes d'action et d'animation communs
(cf. annexe I).
L'intérêt de ce dispositif de soutien aux parents avait été souligné dans
la circulaire interministérielle du 6 novembre 1998 sur la mise en
oeuvre des décisions adoptées par le conseil de sécurité intérieure
du 8 juin 1998.
2. Développer les initiatives déjà prises
et en promouvoir de nouvelles
Les projets financés
devront répondre aux principes énoncés
dans la charte ci-jointe. Les participants au comité de
pilotage se sont engagés à reprendre à leur
compte cette charte qu'ils ont contribué à élaborer.
Les projets retenus devront avoir pour objectif prioritaire de valoriser
les rôles et les compétences des parents : responsabilité et
autorité, confiance en soi, transmission de l'histoire familiale, élaboration
de repères, protection et développement de l'enfant.
Ils s'attacheront à favoriser le développement d'échanges
et de relations entre les parents. Dans cette optique, seront privilégiés
les projets présentés dans un cadre associatif.
L'intervention des professionnels visera principalement à assumer
la supervision, la régulation et la formation des bénévoles
animant des groupes de parents. Les professionnels pourront également,
quand cela est nécessaire, apporter une aide spécifique, ponctuelle, à certaines
familles pour leur permettre d'évaluer leur situation et les aider à surmonter
d'éventuelles difficultés. Il ne s'agit pas, en revanche, de
mettre en place un dispositif systématique de consultations psychologiques.
Les actions consisteront, par exemple, à :
> créer des lieux
de rencontre entre parents, afin de faciliter les échanges
sur les difficultés de la vie quotidienne, la conciliation
entre vie familiale et vie professionnelle, les relations
avec l'école..., dans le but de trouver ensemble
des solutions appropriées
(« réseaux de parents ») ;
> organiser des groupes de parole pour les parents, sur les questions relatives à la
vie commune, aux relations avec leurs enfants ;
> favoriser des lieux d'accueil parents/jeunes enfants, des lieux de médiation
parents/adolescents ;
> encourager les initiatives susceptibles de soutenir les parents immigrés
dans leur fonction parentale, en prenant en compte d'éventuelles difficultés
d'intégration dans la société d'accueil.
Vous veillerez à ce
que les projets puissent toucher toutes les familles. Vous
accorderez, dès lors, une attention particulière
aux projets qui, dans leurs plages horaires d'ouverture,
leur localisation, leur lien avec les services fréquentés
par les parents, permettent d'atteindre au mieux les familles.
Vous veillerez également à ce que les projets soient accueillants à la
diversité des familles et encouragent ou facilitent la mixité sociale.
Vous pourrez faciliter le développement d'initiatives qui existent
déjà, mais vous prêterez une attention particulière
aux projets émanant des territoires non couverts et de ceux qui connaissent
des difficultés particulières, notamment ceux des sites prioritaires
de la politique de la ville.
Enfin, tous les porteurs de projets que vous financerez s'engageront, conformément à l'article
10 de la charte, à participer à l'animation mise en place dans
le cadre départemental ou infra-départemental (cf. Point III).
3. Le travail en réseau
Le réseau
rassemble tous ceux qui adhèrent à la charte.
Il organise la circulation de l'information entre les différents
intervenants et permet la confrontation et l'évaluation
des pratiques.
Vous réunirez, dans les meilleurs délais, au plus tard dans
le mois suivant la réception de cette circulaire et après concertation
préalable avec eux, le président du conseil général
ou son représentant, les principaux maires de votre département
ou leur représentant, le président et/ou le directeur de la
ou des caisses d'allocations familiales, tous susceptibles d'apporter des
financements à ces actions, la DDASS et les autres financeurs de l'Etat,
le FAS, et les chefs de projets (et/ou leur maîtrise d'oeuvre urbaine
et sociale) dans les sites en contrat de ville, les associations développant
une action reconnue dans le domaine de l'accompagnement de la fonction parentale,
notamment les associations familiales et celles appartenant aux différents
réseaux associatifs impliqués dans l'animation de la charte.
Vous pourrez inviter à cette première réunion les parlementaires
de votre département.
Vous vous assurerez de la collaboration des sous-préfets à la
ville, des services de l'éducation nationale, de la jeunesse et des
sports, et des chargées de mission départementales aux droits
des femmes.
Il vous appartiendra également de solliciter la participation à cette
réunion de concertation du directeur de la protection judiciaire de
la jeunesse et des magistrats impliqués dans la résolution
des conflits familiaux. Leur connaissance du milieu familial et social, des
mineurs protégés et des jeunes délinquants est de la
plus grande utilité dans les orientations à prendre dans ce
travail mené à l'intention des familles.
Au cours de cette première réunion, qui se tiendra à votre
initiative, un comité d'animation sera mis en place sous une forme
départementale (un dispositif par département) ou, si nécessaire,
dans les départements importants, infra-départementale (plusieurs
dispositifs pour un seul département).
Chaque comité d'animation sera piloté par une personne ou un
service particulièrement motivé par le bon déroulement
de cette opération. Les pilotes seront désignés en liaison
avec le comité national de pilotage réuni sous l'égide
de la délégation interministérielle à la famille.
Pour toutes informations nécessaires, vous pourrez prendre l'attache
de Guy Janvier, chargé de mission à la DIF (délégation
interministérielle à la famille, 8, avenue de Ségur,
7 5350 Paris 07 SP
Tél. : 01-40-56-53-58, fax : 01-40-56-46-06.
Un crédit, dans la limite de 50 KF, pourra être attribué au
pilote, si celui-ci n'est pas un service de l'Etat, pour faciliter le fonctionnement
du dispositif d'animation du réseau. Chaque financeur adressera régulièrement
au pilote la liste des opérations d'écoute, d'appui et d'accompagnement
auxquelles il aura été amené à apporter un financement.
Ces comités organisent, dans l'esprit de la charte, la circulation
de l'information entre les différentes opérations, la confrontation
et l'évaluation des pratiques, la capitalisation des savoir-faire.
Ils fonctionnent avec le maximum de souplesse, un des objectifs étant
de faciliter la rencontre des principaux intervenants dans ce secteur.
Ils organisent également les conditions d'information des habitants
sur les organismes susceptibles de les aider. Les caisses d'allocations familiales,
les services sociaux des départements, les centres communaux d'action
sociale des principales communes, les unions départementales des associations
familiales, les centres d'informations sur les droits des femmes et les chefs
de projets des contrats de ville sont associés à la diffusion
de l'information.
Au niveau national, le comité de pilotage désigné ci-dessus
assurera l'impulsion du dispositif, la capitalisation des savoir-faire, la
valorisation des initiatives et l'évaluation des actions. Il sera
assisté d'une cellule technique d'appui, légère, qui
pourra être sollicitée pour monter localement un projet opérationnel
(cf. annexe II).
4. Les financements
L'Etat et la CNAF
ont décidé de mettre des moyens supplémentaires
pour accompagner la fonction parentale. Ces crédits
s'ajoutent aux actions déjà financées à ce
titre par l'Etat (médiation familiale, DAS, Justice
et politique de la ville), la CNAF et d'autres financeurs,
notamment le FAS et les collectivités locales.
Une enveloppe de 63 MF est réservée, sur le chapitre 47.21.20,
aide à la fonction parentale, au titre de cet exercice, sur le budget
du ministère de l'emploi et de la solidarité. Une première
enveloppe, représentant les deux tiers de la dotation globale, est
mise à votre disposition. Elle a été calculée
en fonction du nombre des jeunes de moins de 20 ans dans votre département.
Vous en trouverez le montant dans le tableau ci-annexé (cf. annexe
IV).
Vous transmettrez à la direction de l'action sociale, au plus tard
le 10 juillet 1999, un bilan des engagements réalisés à ce
titre et des demandes que vous n'avez pu honorer. Une dotation complémentaire
vous sera éventuellement accordée, au vu de cette situation.
Les demandes de financement par les associations autonomes ou fédérées
dans des réseaux seront adressées aux DDASS, qui se rapprocheront,
si nécessaire, des autres partenaires, et particulièrement
des caisses d'allocations familiales. La DDASS pourra solliciter leur expertise
pour examiner les dossiers, à charge pour les CAF, comme pour les
autres partenaires, d'apporter éventuellement un financement à certains
projets selon les procédures qui leur sont propres.
Les décisions de financement complémentaires de la politique
de la ville se prendront dans le cadre du dispositif départemental
spécifique prévu par la circulaire du 15.02.99 (comité inter-services
animé par le sous-préfet).
Les financements de l'Etat étant destinés à soutenir
le développement d'actions d'écoute, d'appui et d'accompagnement
des parents, vous veillerez à ce que les autres financeurs ne réduisent
pas leurs apports à cette occasion.
En tout état de cause, vous vous attacherez à ce que ces différents
financeurs se concertent régulièrement à posteriori
et vous inviterez les collectivités locales concernées à se
joindre à cette concertation. En ce qui concerne l'Etat tout dossier
déposé devra faire l'objet d'une décision dans un délai
de deux mois.
Afin de faire bénéficier le plus de projets possibles de l'aide
de l'Etat, vous veillerez à limiter la subvention accordée,
sauf situation particulière clairement motivée, à un
montant inférieurà 100 KF par projet et par an.
Ces subventions seront accordées dans le cadre d'une convention. Celle-ci
pourra être pluriannuelle en référence à la circulaire
du Premier ministre en date du 7 juin 1996.
Une enveloppe spéciale est conservée à l'échelon
central pour aider les projets importants et innovants qui seront présentés
par les têtes de réseaux des principales associations spécialisées
dans l'aide aux parents. Une délégation de crédits au
niveau régional pourra être envisagée pour financer des
projets s'articulant dans le cadre d'un partenariat à cet échelon.
En cas de difficultés d'application de cette circulaire, vous voudrez
bien adresser vos demandes à la direction de l'action sociale, sous-direction
du développement social de la famille et de l'enfance (DSFE), bureau « famille,
enfance et jeunesse », 11, place des Cinq-Martyrs-du-Lycée-Buffon,
75696 Paris Cedex 14. Vous pouvez appeler, Bertrand Gaudin au tél.
01-44-36-95-69 ou Marlène Moulin au tél. 01-44-36-96-36, fax
: 01-44-36-97-23.
Le Délégué Interministériel à la
famille, P. L. Remy
Le Directeur de l’action
sociale P. Gauthier
La
Déléguée interministérielle à la
ville et au développement social urbain C. Brevan
Le
Directeur de la population et des migrations J. Gaereminck