MINISTÈRE
DE L'ÉDUCATION NATIONALE,
DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE
MINISTÈRE DE L'EMPLOI,
DU TRAVAIL ET DE LA COHÉSION SOCIALE
MINISTÈRE DE LA FAMILLE ET DE L'ENFANCE
Direction générale de l'action sociale
Bureau de l'enfance et de la famille (2 B)
Circulaire DIF/DGAS/DESCO/DIV/DPM
n° 2004/351 du 13 juillet 2004 relative aux réseaux
d'écoute, d'appui et d'accompagnement des parents,
REAAP
NOR : SANA0430418C
(Texte non paru au Journal officiel)
Date d'application : immédiate.
Références
:
Loi n° 2002-305 du 4 mars
2002 relative à l'autorité parentale
;
Circulaire interministérielle DIF/DGAS/DIV/DPM n° 1999/153 du
9 mars 1999 relative aux réseaux d'écoute, d'appui et d'accompagnement
des parents comportant en annexe la charte ;
Circulaire interministérielle DIF/DIV/DGAS/DPM/DESCO n° 2004/198
du 25 mars 2004 relative à la mise en oeuvre de la politique d'accompagnement à la
scolarité pour l'année 2004-2005 : le contrat local d'accompagnement à la
scolarité (CLAS).
Textes abrogés ou modifiés : néant.
Le ministre de l'éducation
nationale, de l'enseignement supérieur et de la
recherche, le ministre de l'emploi, du travail et de la
cohésion sociale, la ministre de la famille et de
l'enfance à Mesdames et Messieurs les préfets
de région (directions régionales des affaires
sanitaires et sociales [pour information]) ; Mesdames et
Messieurs les préfets de département (directions
départementales des affaires sanitaires et sociales
[pour attribution]) ; Mesdames et Messieurs les rectrices
et recteurs d'académie ; Mesdames et Messieurs les
inspectrices et inspecteurs d'académie ; directrices
et directeurs desservices départementaux de l'éducation
nationale En élevant leurs enfants, les parents
développent des compétences ; ils connaissent
aussi un jour ou l'autre des doutes. Par l'échange,
le dialogue et l'écoute, les parents peuvent s'aider
mutuellement à retrouver des repères ou à mieux
trouver des réponses à leurs interrogations.
C'est le principe des Réseaux d'écoute, d'appui
et d'accompagnement des parents (REAAP) qui organisent
notamment le soutien que des parents peuvent apporter à d'autres
parents. Il s'agit en effet de la mise en réseau
d'actions dont l'objectif principal est de conforter les
compétences des parents à être les
premiers éducateurs de leurs enfants en s'appuyant
sur leur savoir-faire et leurs capacités à s'entraider.
Redonner confiance aux parents et les aider à assurer leur rôle
parental est l'un des objectifs de la politique familiale qui repose en premier
lieu sur l'intérêt supérieur de l'enfant. Accompagner les
parents dans leur rôle de parents est donc une priorité.
1. Le diagnostic des besoins et des
réponses existantes
Afin de renforcer
la cohérence et la coordination des réponses
aux attentes des familles dans le champ du soutien à la
fonction parentale et de leur faciliter l'accès
aux services qui leur sont offerts, les comités
départementaux d'animation sont chargés
d'établir un diagnostic territorial partagé concernant
l'offre de service référée aux besoins
dans leur département en matière de soutien à la
parentalité et de services aux familles. Avec
l'accord des institutions concernées, il peut
notamment prendre appui sur les diagnostics déjà réalisés
en matière d'enfance et de famille. Ce diagnostic
devra permettre :
- de constituer une base de données sur l'ensemble des services existants
et actions mises en oeuvre dans le champ du soutien à la fonction
parentale ;
- de définir, en tenant compte des réalités locales,
les axes d'intervention prioritaires en matière de soutien à la
parentalité et de services aux familles parmi les grands domaines
définis au paragraphe 2 de la présente circulaire.
En effet, si les actions mises en place doivent s'adresser à tous
les parents, elles peuvent répondre à des questions spécifiques
pour mieux correspondre aux besoins et aux attentes des familles. Par ailleurs,
les modalités de fonctionnement de ce dispositif permettent le développement
d'actions innovantes qui correspondent à des besoins émergents.
Il est rappelé que les actions de soutien à la fonction parentale
sont développées en relais et en appui des dispositifs de droit
commun auxquelles elles n'ont pas vocation à se substituer.
Si les parents doivent être et demeurer les acteurs privilégiés
des réseaux, l'intervention d'un professionnel peut être ponctuellement
nécessaire pour apporter certaines compétences particulières.
2. Les grands domaines d'intervention
Les actions
mises en réseau visent à conforter, à travers
le dialogue et l'échange, les compétences
des parents : confiance dans leur capacité éducative,
attention à l'enfant et à ses besoins,
capacité à instaurer des limites, exercice
de l'autorité parentale, inscription dans une
filiation, transmission de valeurs, connaissance des
droits et des devoirs.
La conférence de la famille 2004 consacrant ses travaux à l'adolescence,
une attention toute particulière sera accordée aux actions
qui s'adressent aux parents d'adolescents..
Les domaines d'intervention sont les suivants :
Soutien aux parents de pré-adolescents
et d'adolescents :
Les actions
développées
peuvent notamment aborder les questions suivantes
: l'autorité, l'école (coéducation,
module de soutien à la responsabilité parentale,
facilitation des relations famille-école),
la santé, la sexualité, la crise
d'adolescence, les conduites à risques...
Prévention et appui aux parents d'enfants de 0 à 11
ans :
Dans cette classe d'âge, une attention particulière sera
portée aux parents d'enfants de 6-11 ans. En effet, durant la
période de l'enfance, peu de structures assurent un accompagnement
des parents comme c'est le cas durant la petite enfance (modes
d'accueil, PMI...).
D'autres questions peuvent, entre autres, être abordées
: devenir et être parent, les besoins de l'enfant, les relations
parents-enfants et l'éducation dans le milieu familial (question
relative à l'autorité, à la gestion des conflits
et au respect des règles de vie), la fixation de repères
et de limites, les relations famille-école...
Besoins
territoriaux repérés
et non couverts :
A partir du diagnostic réalisé par
le comité de pilotage départemental,
il s'agit de soutenir des actions répondant à des
besoins non couverts en termes de thématique
(parents d'enfants malades, d'enfants handicapés,
famille monoparentale, famille recomposée...),
de public (les pères, les familles issues
de l'immigration, en prenant en compte les aspects
interculturels de la parentalité, qu'il
peut être nécessaire de soutenir dans
la transmission de repères à leurs
enfants tout en valorisant le parcours migratoire
des parents...), de maillage territorial (territoires
sans actions parentalité, zones rurales...).
3. L'animation départementale
En vue d'une
meilleure coordination et articulation des dispositifs
de soutien à la parentalité et de services
aux familles, les départements qui le souhaitent
sont invités à regrouper leurs comités
de pilotage des dispositifs CLAS (contrat local d'accompagnement à la
scolarité) et REAAP. Il est rappelé que
chaque dispositif conserve sa spécificité et
son autonomie. Les départements qui s'engagent
dans cette simplification en informent le secrétariat
des comités nationaux de pilotage des REAAP
et des CLAS.
Les « point info famille » font l'objet d'une expérimentation
nationale sur 15 sites. Vous trouverez en annexe la liste de ces sites expérimentaux
et leur cahier des charges. Une circulaire paraîtra au terme de l'expérimentation
pour préciser les modalités de lancement du dispositif sur
tout le territoire national ainsi que la création et la labellisation
des « Points info famille ».
En l'attente et au vu du diagnostic cité au paragraphe 1er de la présente
circulaire, les comités de pilotage départementaux des REAAP
sont chargés d'examiner l'implantation la plus rationnelle des « Points
info famille » pour une couverture minimale du territoire départemental
et les opérateurs qui seraient susceptibles de mettre en place un « Points
info famille ».
Les comités départementaux d'animation devront être en
mesure d'accompagner la mise en oeuvre de l'appel à projet « Points
info famille » qui sera lancé au second semestre 2004 suite à l'expérimentation
en cours sur ces 15 sites..
4. L'animation nationale
Les modalités
d'animation des réseaux définies dans
la circulaire DIF/DGAS/DESCO/DIV/DPM n° 2003/317
du 12 juin 2003 sont maintenues.
Dans ce cadre, le site internet www.familles.org est
réactivé. Il sera mis à jour et des liens seront établis
avec le site du ministère de la famille et de l'enfance www.famille.gouv.fr.
Afin d'actualiser les actions présentées sur le site www.familles.org et
en vue de son développement, chaque pilote fera remonter les actions
financées qu'il souhaite valoriser en raison de leur intérêt
après avoir recueilli l'accord des porteurs de projet.
5. Programme de remontée
d'information 2004
Le bilan des actions
financées en 2003 sera effectué sur la
base du questionnaire utilisé lors des évaluations
antérieures. Il sera complété par
un questionnaire sur le fonctionnement du réseau
départemental portant notamment sur les points
suivants : comité de pilotage, comité d'animation
départemental, comité des financeurs, comité technique,
animateur du réseau,diagnostic, existence de démarches
d'intégration dans le plan départemental
enfance-famille du département.
Le questionnaire sera communiqué aux pilotes des REAAP en juillet
2004. Les diagnostics territoriaux réalisés seront transmis à l'occasion
de la remontée d'information sur les actions 2003.
6. Le financement des
DDASS
Les moyens accordés
pour 2004 dans le budget du ministère de la santé,
de la famille et des personnes handicapées pour
les actions de soutien à la parentalité s'élèvent à 9,5
millions d'euros. Ils sont inscrits au chapitre 46-34,
article 20, du budget précité et inclus
au sein de la dotation globale qui vous est déléguée.
Outre les crédits précités accordés pour les
actions de soutien à la fonction parentale, la dotation globale inclut
des crédits supplémentaires à hauteur de 5,2 MEUR, se
répartissant autour des deux dépenses suivantes :
> le conseil
conjugal et familial, pour un montant de 2,6 MEUR
;
> la médiation familiale, dont les moyens s'élèvent à 2,6
MEUR, montant intégrant une mesure nouvelle de 700 000 EUR destinés à en
encourager le développement. Cet effort s'insère dans les différentes
mesures prises afin d'accroître et de mieux structurer le recours à la
médiation familiale, en tant que mode de gestion des conflits familiaux
en vue de permettre la poursuite de l'exercice de la fonction parentale. La création
d'un diplôme de médiateur familial par décret du 2 décembre
2003, précisé par arrêté du 12 février 2004,
complète cet ensemble.
Des précisions
sur l'utilisation des crédits fléchés
affectés à la mise en oeuvre des PIF vous
seront apportées dans la circulaire précitée.
Ces crédits ne vous ont pas été délégués à ce
jour.
Le directeur général
de l'action sociale, J.-J. Tregoat
Le directeur général
de l'action sociale, J. Gaeremynck
Le directeur de l'enseignement
scolaire, J.-P. de Gaudemar
Le délégué interministériel à la
famille, Dominique de Legge
La déléguée
interministériel à la ville, Claude Brevan
Cette circulaire s'accompagne des
4 annexes consultables ci-dessous :