Compte-rendu
de l’atelier intitulé animé par
Thierry PIOT : « L’enfant,
sa famille et l’école »
REAAP
50 - Rencontres départementales
Cherbourg -
08 novembre 2003
Sur
la forme :
L’atelier a permis d’alterner des temps où furent mis en avant
des expériences et des exemples vécus proposés par
les parents présents et des temps d’analyse pour éclairer
ces témoignages particuliers. L’objectif était de permettre à chaque
participant de tirer le meilleur parti de ces échanges, afin de
questionner de manière réflexive sa propre implication en
tant que parent d’enfant scolarisé. Des paroles souvent denses
et émouvantes, tant la question de la scolarisation des enfants
est perçue comme cruciale par les parents présents.
Sur
le fond :
Le groupe s’est surtout soucié des situations où l’enfant
scolarisé a des problèmes à l’école. Les
témoignages ont bien montré qu’il n’est pas aisé de
saisir ce qu’on nomme « la difficulté scolaire, et qui renvoie
aussi bien à la difficulté qu’a
l’élève à réussir à l’école
que la difficulté de l’école à faire réussir
cet élève.
Derrière cette étiquette générique «difficulté scolaire» qui
se traduit à terme par un niveau scolaire faible, et, à la
maison, par un désintérêt pour l’école et
des problèmes pour faire les leçons, des pleurs et tensions
entre parents et enfant, se rangent des situations hétérogènes
: problèmes biologiques, psychologiques, familiaux, sociaux, relationnels
et bien sûr d’ordre cognitifs.
L’origine des difficultés est donc assez illisible (même
parfois par des spécialistes) et laisse démunis et angoissés
la plupart des parents. Et cela d’autant plus que sans repères
précis pour « mettre en mots » ces difficultés,
le temps joue contre cette situation qui de bénigne et ponctuelle
peut se cristalliser et se transformer en blocage.
Par ailleurs a été mis en avant la
stigmatisation des parents sur lesquels pèse l’ombre portée
de la difficulté scolaire de l’enfant : il y a l’impression d’une
culpabilité des parents, alors qu’il souffrent eux-mêmes
de cette situation, au moment où l’injonction à réussir à l’école
pour s’insérer socialement et professionnellement n’a jamais été aussi
forte.
Il a été aussi mis en avant qu’un enfant -et l’adulte qu’il
deviendra- peut s’épanouir, se réaliser
sans nécessairement être « bon élève » et
sans rentrer sans le format scolaire.
A l’analyse des situations exposées et partagées au sein
du groupe, on peut déduire qu’il n’existe pas de « baguette
magique » qui serait une recette pour sortir de la difficulté scolaire
et la souffrance qui l’accompagne le plus souvent (estime
de soi/regard des autres).
La piste évoquée le plus souvent consiste à personnaliser
la prise en charge en fonction de la situation. Plusieurs «compagnons
d’apprentissage» peuvent aider ou suppléer ponctuellement
parfois les parents : aide spécialisée si nécessaire,
accompagnement scolaire, camarade de l’enfant, voisin…
Ce qui est récurrent dans les diverses solutions évoquées
dans les différents témoignages et le passage par
une verbalisation par le jeune de ce qui pose problème ; la
qualité et de l’authenticité de cette parole sont conditionnées
part une écoute attentive et empathique
de cette parole : il importe, dans cet échange, que l’enfant perçoive
qu’il est écouter comme une personne digne, que cette écoute
ne lui renvoie pas a priori sa propre culpabilité : c’est dans
un espace ainsi aménagé entre enfant et adulte que pourront
se construire des solutions susceptibles non pas de cacher momentanément
la difficulté scolaire mais au contraire de dissoudre ces difficultés par
une prise de confiance partagée et patiente.