Réseau
d'écoute, d'appui et d'accompagnement
des parents de la Manche
~ Journée départementale
du 20 octobre 2001 ~
Les "tiers" sont-ils
des facilitateurs dans cette relation "Ecole
- famille" ? Représentation, représentants, représentativité des
parents ?
REMERCIEMENTS
A Marie Garnavault de la
Mutualité Sociale Agricole
de la Manche qui nous a interpellées
pour participer à cette journée
et à Louis Souchal de la Caisse
d'Allocations Familiales de la Manche
qui a confirmé notre participation.
PRE-PROPOS :
Nos propos ne seront que
de l'ordre du témoignage et
pas du tout de celui de l'exemplarité.
Nous ne sommes pas donneurs de leçons,
nous sommes dans la réflexion
et dans l'action, dans la recherche
de cohérence et surtout parce
qu'au travers de ce projet et de
ces actions, nous retrouvons nos
valeurs.
PRESENTATION DE LA VIDEO
"l'école
qui bouge"…
série
télévisée
de la cinquième chaîne
diffusée en mai et octobre
2001
Introduction
:
Le travail
Ecole-Famille a été l'axe
principal du premier projet de ZEP (1995-1998).
Le bilan fait dans le cadre du contrat
de réussite a été globalement
positif et ce travail Ecole – Famille a été confirmé à l'échelle
de la ZEP avec le souhait d'adapter les
outils au plus près des réalités
de chaque établissement scolaire
tout en visant un élargissement
du dispositif.
En juin dernier, un bilan non exhaustif a souligné la diversité des
contacts noués avec les familles.
Cette variété d'actions ne résout pas tous les problèmes
rencontrés avec les parents mais manifeste une position d'écoute
nécessaire au bon fonctionnement d'une dynamique de ZEP.
Un retour sur les enjeux de ce travail et l'historique de la ZEP de la
Grâce de Dieu nous a semblé important.
Les
enjeux
Depuis
de nombreuses années, les chercheurs
ont souligné la corrélation
statistique entre l'échec scolaire
et les milieux populaires. Si les enfants
des parents exerçant des professions
libérales sont 80 % à quitter
le système éducatif avec
un diplôme de l'enseignement supérieur,
c'est le cas pour moins de 10 % des enfants
d'ouvriers.En 97, à l'entrée
au CE2 les enfants des cadres supérieurs
fournissaient 76 % de bonnes réponses
aux tests nationaux alors que le score
d'enfants d'ouvriers étaient de
63 %. Cet écart tend à s'accroître
au cours de la scolarité.D'autres
chercheurs tendent à prouver que le
déterminisme social n'est pas toujours
inéluctable. Charlot, Lahire
et d'autres ont enquêté de
manière très fine sur les
enjeux de la réussite scolaire en
fonction de la structure de la famille. L'investissement
scolaire d'un élève est toujours
en relation avec son histoire familiale.
Cependant, notre regard d'enseignant
tend à enfermer les parents de milieu
populaire dans une image négative,
voire dépréciative. Le vocabulaire
utilisé est souvent dans un registre
lexical autour du manque, de la carence.
Historique
du projet
Cette
expérience s'ancre dans un quartier
d'habitat social de la ville de Caen :
La Grâce de Dieu identifiée
Zone de Redynamisation Urbaine dans le
cadre des dernières mesures de Politique
de la Ville. Ce secteur est intégré dans
le Contrat de Ville mis en place par la
municipalité en liaison avec les
Services de l'Etat. Classés en Zone
d'Education Prioritaire depuis Octobre
1994, les trois écoles primaires
et maternelles du quartier et le collège
accueillent environ 1500 élèves
de 2 à 16 ans.Le concept de solidarité qui
fonde la politique de la Ville est au
cœur de notre démarche. Nous
nous sommes fixés un objectif
ambitieux : dépasser le malentendu
entre la communauté scolaire et
les usagers de l'école que sont
les parents d'élèves. Nous
interrogeons l'idée préconçue
de parents démissionnaires et préférons
analyser les modes de présence des
parents. Les parents de ZEP ne forment
pas un bloc homogène. Pour beaucoup
le monde scolaire est mal connu, souvent
synonyme d'échec.
Plus l'enfant grandit, plus franchir la porte de l'école puis
du collège devient difficile. Nous avons cherché à expliciter
l'implicite de l'école. Les parents " éloignés
del'école " de par leur histoire scolaire, ont
beaucoup de mal à décoder nos systèmes de référence.
Accompagner son enfant dans son travail scolaire représente pour
de nombreux parents une tâche difficile à assumer.
Dans un premier temps ( 1995 ) des entretiens, des enquêtes réalisées
avec la Fédération des Œuvres Laïques ont permis d'analyser,
de clarifier la demande des parents face à l'école et
inversement celle des enseignants face aux parents. Formaliser des
outils pour communiquer et participer grâce à une école
de qualité qui contribue à une meilleure image de l'école
et du quartier.
Suite à cet état des lieux, une commission multi-partenariale (
Education Nationale, Associations de parents d'élèves,
M.J.C., S.A.P., Centre socio-culturel/C.A.F., C.E.P.E.F., F.O.L., E.P.E
) a élaboré des propositions concrètes pour les
parents d'élèves de la maternelle au collège. Il
s'agit d'impulser une dynamique d'enrichissement des relations entre
l'Ecole et les Familles. Ces rencontres de travail conviviales visent
une meilleure réussite scolaire par l'implication du plus grand
nombre. Ces pratiques créent du lien social et permettent à une
population souvent sans référent professionnel de se (re)valoriser
grâce au suivi scolaire de leurs enfants.
Les
contenus du projet
a) ACCOMPAGNEMENT DES PASSAGES
Depuis
longtemps, les chercheurs en éducation
ont souligné des passages entre
les différentes étapes de
la scolarité. Pour faciliter ces
ruptures nécessaires pour l'évolution
de l'enfant, nous avons institué trois
moments forts :
Accueil
des enfants et de leurs parents avant
la première rentrée à l'école
en lien avec la Halte-garderie, la crèche,
la P.M.I., le centre socio-culturel – CAF,
la M.J.C., la CEPEF dans les classes
de maternelle. Liaison maternelle - CP
Liaison CM2/6ème.
b) ACCOMPAGNEMENT DES PARENTS ELUS ET
DELEGUES
Il s'est
constitué dans chaque établissement
scolaire, un groupe de parents élus
ou désignés dans les instances
de représentations des parents en
milieu scolaire. En partenariat avec la
Fédération des Œuvres Laïques,
un suivi a été mis en place
depuis six ans.
c) ACTIONS IMPLIQUANT DES PARENTS DANS
L'ECOLE
Des
actions avec des tiers et des actions
sans tiers
Des moments où la
parole est en chantier avec un tiers
extérieur qui :
- Mets en confiance et
valorise.
- Anime et met à distance.
- Aide au bilan.
- Participe à la transformation de l'école.
Des moments
de vie et d'échanges entre l'équipe éducative
et les parents :
Présentation
de travaux d'élèves. Actions-lecture
impliquant les parents. Rendez-vous autour
des évaluations. Réunions
parents-professeurs autour des devoirs à la
maison. Conseils d'usagers.
Etc...
Pourquoi avoir choisi
des tiers extérieurs à l'Education
Nationale ?
Faciliter
les échanges s'appuyer sur des compétences
spécifiques favoriser le lien social
par la présence d'associations d'éducation
populaire ou proche de l'école Il
est important que les enjeux du travail
soient préalablement explicités
et définis. Le tiers est intégré dans
un projet travaillé avec l'ensemble
des acteurs du quartier.
Par ailleurs, des
personnes impliquées dans le quartier
peuvent jouer un rôle de relais,
de passeur :
Mettre
les acteurs en relation, faciliter les
liaisons dans un souci de cohérence être
relais avec les autres parents. Les premiers
relais avec les parents sont les enfants.
Comment les enseignants peuvent-ils être
impliqués ? La place des enfants
est différente suivant leur âge.
Comment mettre en place des dispositifs qui prennent en compte ces différences
?
Un travail avec des parents et leurs enfants qui se tisse à plusieurs
niveaux, qui implique les acteurs de différents services publics
dans une logique de travail en réseau où les missions de
chacun sont complémentaires.
Quelques pistes
de réflexions…
Une démarche
aussi massive à l'échelle
d'un quartier est-elle viable ? Ne risque
t'on pas de creuser un fossé entre
un petit groupe de professionnels et de
parents très investis et le reste
de la communauté éducative
? Comment tendre vers une plus grande représentativité des
parents élus ? Si des parents sont
face à des attitudes contradictoires
des professionnels, ne risque t'on pas
d'envenimer une situation parfois tendue
? Comment inscrire ce chantier dans un
cadre pluri-professionnel sous-tendant
une réelle implication financière
et technique de tous les partenaires soucieux
de développement du lien social
? L'école peut-elle être le
relais ou un des vecteurs du développement
du lien social ? Ne nous substituons – nous
pas à d'autres acteurs sociaux ?
Le taux de participation des parents aux élections
ne semble pas un indicateur suffisant.
Comment construire un outil d'évaluation
permettant d'analyser précisément
tous les modes d'implication des parents à l'école
?
CONCLUSION
Cette
action s'inscrit dans une continuité indispensable à l'implication
de tous et à l'amplification de
la démarche. Nous constatons
une nouvelle entrée des parents
dans l'école grâce à de
meilleures conditions d'accueil, le développement
pour certains parents de la confiance et
de l'estime de soi. Une mutualisation des
compétences est en cours à travers
la mise en place d'actions concrètes.Cette
action est soutenue financièrement
par le Contrat de Ville. Ces rencontres
nécessitent l'intervention de
tiers extérieurs qui soutiennent,
analysent et relancent. C'est pourquoi
nous avons construit un partenariat
de proximité avec les travailleurs
sociaux du quartier et les associations
de parents d'élèves. Cette
mise en synergie de nos actions vise une
efficacité plus grande et cherche à accroître
une plus grande mobilisation des habitants.
L'aide financière de différents
partenaires nous permet de travailler avec
deux associations qui jouent le rôle
de tiers extérieurs : la Fédération
des Œuvres Laïques et l'Ecole des
Parents et des Educateurs.Le choix d'associations
proches dans leurs principes directeurs
des enjeux de l'école publique et
de la politique de la ville n'est pas anodin.
Travailler avec des associations d'Education
Populaire nous permet d'élaborer
un projet global qui allie pratique de
terrain et analyse théorique.
NICOLE JAMES
Directrice de l'école d'application élémentaire
: Vieira Da Silva.
(témoignage
vidéo) L'entretien commence, alors
que l'intervention se situe le jour même
de l'élection des parents d'élèves
de l'école.
Madame Nicole JAMES, Présidente du bureau de vote, rappelle le
rôle du tiers.
Selon
elle, plutôt que de parler de médiateur
(ce qui sous-entend qu'on n'arrive plus à dialoguer… Or,
le dialogue existe si l'équipe est
ouverte), l'animateur, la Fédération
des Œuvres Laïques en ce qui nous
concerne sur cette action, est un tiers.
Ce tiers sert de lien entre l'Education
Nationale, l'école et les familles.
Madame
JAMES pense qu'elle a besoin de ce tiers
pour objectiver les débats.En effet,
lorsqu'elle rencontre des familles en difficulté,
elle est tentée de rentrer dans
une relation affective qui ne la rend plus
neutre face à la situation. Le tiers
apporte une objectivité dans
les rapports avec les familles. Il intellectualise
une situation dans laquelle, selon Madame
James, on ne peut se détacher sans
son intervention. Par exemple, une réunion
avec des parents sur le ton de l'agression
ne tendra jamais vers un débat au-delà de
l'aspect social. Madame JAMES le regrette
et souhaite amener les parents à prendre
conscience qu'ils sont des êtres
pensants. C'est l'aspect cognitif qu'elle
souhaite développer.
Le parent
est, en effet, responsable de son enfant,
de son éducation.
C'est alors qu'intervient le tiers. Pour Madame JAMES, le tiers facilite
les relations Direction / Parents en favorisant des rapports authentiques. Dans le cas de l'école Vieira
da Silva les tiers tels que la F.O.L
et l'E.P.E., peuvent faciliter le dialogue.
Leur appui est favorable au dialogue à l'école
car, avec des ateliers d'animations pour
adultes, les parents : redécouvrent
l'estime de soi et leur propre (re)valorisation,
apprennent à s'exprimer, à prendre
des notes découvrent qu'ils peuvent
apprendre des enseignants et que, réciproquement,
les enseignants peuvent s'approprier
les connaissances des parents.Tout ceci
sert à lever tous les malentendus
que Madame JAMES rencontre lors d'entrevues
avec les parents en situation difficile.
L'intervention
de tiers tel que la F.O.L. a des effets
positifs.
En effet,
lorsque Madame JAMES, pose la question
suivante, à son équipe pédagogique
: "Comment s'est passée la réunion
parents / enseignants ?" Avant le changement enclenché par la Fédération
des Œuvres Laïques, l'Ecole des Parents et des Educateurs, les
enseignants répondaient de façon quantitative en disant
que peu de parents étaient présents.
Depuis
l'intervention des tiers, les enseignants
mentionnent la qualité des échanges.
Un sondage
effectué dans 9 classes de l'établissement
permet de noter une évolution considérable.
En effet, les parents, lors des entretiens
avec les enseignants, n'abordent plus les
questions matérielles. Au contraire,
ils questionnent davantage par exemple
sur la façon d'accompagner le travail
de leurs enfants à la maison.
La mise
en place de cette action a permis un enrichissement
du lien familles/école, une évolution
du dialogue.
KELTOUM BENAISSA
Animatrice petite enfance à la Commission d'Echanges et de Promotion
pour l'Enfance et la Famille (C.E.P.E.F.)
La C.E.P.E.F.
est une structure multipartenariale existant
depuis 1993 sur le quartier de la Grâce
de Dieu.
La C.E.P.E.F.
formalise 1 réseau inter-institutionnel
visant à mutualiser la prise en
compte cohérente des besoins identifiés
liés à la famille et la petite
enfance. La C.E.P.E.F. est ouverte aux
différents acteurs de la famille
et de la petite enfance : Association de
quartier ( Aspic ) / CAF Calvados ( CSC
+ Halte ) / CCAS ( Crèche ) / Conseil
Général ( PMI et Circonscription
) / HLM CAEN Habitat / Education Nationale
( ZEP écoles maternelles ) / Ville
de CAEN (CLA + Bibliothèque). Employeurs
et financements.
Nos
publics
Familles
ayant des enfants de 0 à 6 ans,
femmes enceintes et futurs parents, les
jeunes mères, les familles d'origine étrangère,
les assistantes maternelles. Ma fonction
Elle implique la coordination des actions
engagées au titre de la C.E.P.E.F.
visant la petite enfance et la famille
sur ce quartier, de veiller à la
participation des familles et à assurer
la concertation avec les membres de la
C.E.P.E.F.
Ma fonction
implique donc d'être en capacité de
répondre aux exigences du travail
social et de maîtriser des savoir-faire
:
Diagnostiquer
/ élaborer / préparer / communiquer
/ gérer / évaluer / développer.
Ce travail de transversalité me
permet d'assurer le lien entre les acteurs
de la C.E.P.E.F., de faire le relais avec
les familles et de développer dans
ce réseau des actions de prévention,
innovantes qui visent à informer,
accompagner et soutenir les familles avec
lesquelles nous travaillons.
C'est ainsi que nous veillons à la mise en place d'actions qui
favorisent ou renforcent les capacités éducatives de la
cellule familiale mon rôle n'est pas de me substituer aux familles
: accueil sésame / Travail sur des supports de communication /
Travail avec ZEP.
Très
souvent, on entend que les parents sont
démissionnaires mais nous, nous
travaillons sur l'idée qu'ils ne
le sont pas, qu'ils ont plutôt (comme
tout autre parent) envie de connaître
les différents dispositifs existants,
d'être mieux informés… (travail
sur les représentations de part
et d'autres).
Pour ce faire, cela nécessite de consacrer du temps, des échanges,
des rencontres, de l'écoute…
C'est
avec ce minimum commun que nous avons mis
en œuvre une dynamique de réseau
depuis 94, Z.E.P. et C.E.P.E.F., pour initier
une action intitulée "la première
rentrée à l'école
maternelle" afin de :
Favoriser
la réussite de la première
rentrée scolairedévelopper
et améliorer les relations, les
rencontres entre les familles, les structures
petite enfance et les écoles maternelles. Avec
les professionnels petite enfance et
les enseignants, nous complétons
ainsi nos expériences de travail,
nos missions pour sécuriser
les parents et les enfants et les familiariser
avec l'école : nous proposons
des visites – goûter des écoles,
une rencontre, une vidéo = support
communication / un questionnaire.
Dans cette démarche, nous associons les parents dès la
maternelle pour les " maintenir " dans leurs responsabilités
de parent, leur démontrer que leur enfant a besoin d'eux pour
franchir ce " passage " parfois difficile surtout si mal appréhendé.
Propos
de Madame KHAZAZ, psychologue, intervenante à l'Ecole
des Parents et des Educateurs du Calvados
(lecture du propos par Isabelle Bordet)
Il m'a été demandé de
témoigner d'une expérience
menée par l'école des parents
et des éducateurs depuis trois ans
dans le quartier de la Grâce de Dieu
en Zone d'Education Prioritaire. Cette
action vise la réussite scolaire
des enfants apprentis lecteurs en associant
les parents au cursus scolaire de leurs
enfants.
Je vous
parlerai dans un premier temps de l'origine
de ce travail pour ensuite vous exposer
les modalités de mise en œuvre de
cette action et finir sur quelques éléments
de bilan.Concernant l'origine de ce travail,
un premier état des lieux effectué en
1994 sur le quartier de la Grâce
de Dieu fait état des constats suivants
: certaines communautés étrangères
sont repliées sur elle-même,
la communication est problématique,
voire impossible. Les mères sont
souvent mal intégrées à la
vie sociale et assez démunies dans
le suivi de la scolarité de leurs
enfants. Conjointement, une mère
d'origine turque interpelle l'école
pour témoigner de son travail bénévole
d'interprète et souligne la difficulté pour
de nombreuses mères à s'exprimer
en français ou même de le
comprendre.
Face à cette
demande, le P.I.A.F. ( Point d'Insertion
par l'Accueil et la Formation ) mettra
en place des rencontres pour une quinzaine
de femmes turques ayant le désir
d'apprendre la langue française.
Cette
demande initiale se révèlera
très vite, au fil des rencontres,
une demande d'intégration sociale,
notamment une demande concernant le suivi
scolaire des enfants scolarisés
en primaire, et en échec.
Cette
demande formulée dans un premier
temps comme " pouvoir parler avec
la maîtresse de nos enfants " deviendra
progressivement une demande de compréhension
du fonctionnement de l'école et
de diverses structures d'accueil pour le
suivi scolaire.
Parallèlement,
une enquête effectuée dans
le quartier, axée sur le lien école-famille,
fait apparaître la nécessité d'aider
les parents, qu'ils soient d'origine étrangère
ou non, à suivre la scolarité de
leurs enfants. C'est donc suite à l'identification de cette demande
collective émanant des femmes turques, et dans le même
temps, suite aux échanges entre les directeurs d'écoles,
la coordinatrice ZEP et les partenaires du quartier que s'est
mis en place un projet collectif, à savoir :
une action d'alphabétisation,
mise en place depuis lors par l'Ecole des
parents et des éducateurs et une
structure d'accompagnement scolaire
parental ayant pour objectifs :
de faciliter
la communication entre l'école et
l'univers familial dans une perspective
d'explicitation réciproque des attentes
et des demandes de chacun, de permettre
aux parents d'accompagner la scolarité de
leurs enfants évitant ainsi une
certaine démobilisation, de faciliter
la relation entre les parents et les enfants
face aux exigences du système scolaire,
et bien évidemment de permettre
aux parents d'origine étrangère
de s'intégrer dans la vie de l'école
et du quartier. L'Ecole des Parents et
des Educateurs s'est associée très
rapidement à l'écriture d'un
premier projet dont je viens de citer les
objectifs, mis en place en 1996, et ce à titre
expérimental pour une classe de
CP à l'école Vieira Da Silva.
Après
deux mois de fonctionnement, il a fallu
se rendre à l'évidence que
le type d'accueil que nous proposions ne
répondait pas aux attentes des parents.Pour
résumer, il s'agissait d'accueillir
les parents à l'extérieur
de l'école, deux heures par semaine
afin d'échanger de partager avec
d'autres parents les expériences
vécues par chacun sur différentes
thématiques telles que " comment
apprend-t-on ? ", " s'informer
sur le fonctionnement scolaire, la méthode
d'apprentissage en lecture, etc"…
Trop
peu de familles ont été reçues
lors des premières permanences pour
s'engager dans ce travail, aussi il a fallu
revoir la nature de l'accompagnement et
son déroulement. Il s'agissait de
recentrer d'avantage notre action sur l'enfant
scolarisé, l'enseignant ayant
donc un rôle important, incontournable
dans cette dynamique relationnelle.
Pour ce faire nous avons mis en place, en accord avec l'enseignant, une
rencontre se déroulant en deux temps, où les parents pénètrent
dans la classe et observent le déroulement ordinaire du travail
de l'enseignant et des enfants, une deuxième partie étant
consacrée à un échange entre parents, enseignants
et moi-même.Trois rencontres sont mises en place au cours de l'année,
une environ chaque trimestre.
L'expérience
d'une première année de fonctionnement
nous a permis de dégager et de recenser
les interrogations et les préoccupations
principales des parents.Aussi trois thèmes
sont généralement abordés
dans l'année à savoir : l'apprentissage
de la lecture, l'approche de la méthode
de lecture, les leçons à la
maison. " Comment aider mon enfant
sans faire à sa place ? " et
un troisième thème, moins
ciblé, établi en fonction
de la demande des parents ou des enseignants.
Depuis deux ans, cette action s'est étendue à une
autre école, aussi quatre classes
de CP sont actuellement concernées.
Par ailleurs l'amorce d'un travail avec les parents d'enfants de grande
section maternelle est engagée dès le mois de juin dans
les trois écoles du quartier.
Les familles sont invitées à participer à une information
concernant l'entrée de leur enfant au cours préparatoire.
Un support audio-visuel, axé sur une séquence de lecture,
sert de support de discussion et permet de présenter les enjeux
des rencontres proposées tout au long du CP.
Alors,
après trois ans d'activité en
commun, quels sont les enseignements que
nous pouvons en tirer ?
Sans
prétendre faire la synthèse
d'une expérience aussi riche, je
souhaite cependant relever et vous faire
part de quelques éléments
de bilan qui attestent de l'intérêt
d'un tel travail.Tout d'abord un premier
constat d'ordre quantitatif.Le taux
de fréquentation est relativement
important puisque environ 70 % des familles
viennent aux rencontres et témoignent
donc de leur intérêt pour
ce type d'échange.Un deuxième
constat celui-ci de nature plus qualitatif.Tout
d'abord concernant les familles, on note
en début d'année scolaire
une forte inquiétude de la part
des parents, inquiétude souvent
liée à leur propre expérience
et au désir de réussite de
leur enfant.A cela on constate le plus
souvent, une réelle méconnaissance
des pratiques concrètes du cours
préparatoire et plus globalement
de l'école primaire.L'attention
des parents est focalisée sur l'apprentissage
de la lecture, les représentations
du travail scolaire et de l'apprentissage
sont souvent mises à mal.
Ceci
est très perceptible lors des échanges
qui suivent les portes ouvertes. En effet,
pour certains parents, les activités
visant à acquérir des compétences
qui ne relèvent pas du déchiffrage
ne sont pas considérées comme
construisant du savoir.
La méthode
syllabique le " B-A – BA " apparaît
souvent comme le seul mode d'apprentissage
valable.
Il faut donc être à l'écoute, rassurer, expliciter
la démarche de l'enseignant. Parallèlement, l'observation
des enfants en situation d'apprentissage contribue à une meilleure
compréhension des méthodes pédagogiques utilisées
par l'enseignant.A ce propos, voici quelques témoignages de familles
recueillies lors de ce bilan de fin d'année : " Cela nous
a permis de voir des méthodes nouvelles, cela nous a rassuré lorsqu'on
a vu que nos enfants ont pu quand même lire normalement. "" La
première rencontre a été inquiétante sachant
que certains parents étaient habitués à l'ancienne
méthode de lecture. "" On a pu voir la technique
d'apprentissage, cela m'a permis de faire les leçons avec mon
fils d'une autre façon que la mienne ce qui a été une
bonne chose… " Le bilan final est généralement
positif, les familles sont en majorité satisfaites des rencontres.
Celles-ci semblent avoir répondu à leurs attentes.En ce
qui concerne maintenant les enseignants, là encore le bilan est
positif. Les constatations faites le plus souvent sont : des relations
plus riches, plus confiantes, établies progressivement avec les
familles, une meilleure compréhension par les familles des méthodes
pédagogiques utilisées, donc une meilleure cohérence
entre la pratique de l'enseignant et l'action du parent à la maison,
moins d'hésitations de la part des familles à s'adresser
aux enseignants, la relation est maintenue par les parents eux-mêmes
en dehors de ces rencontres et le plus souvent, à leur initiative,
les demandes et les attentes de parents sont plus clairement exprimées,
les rencontres permettent de désamorcer des malentendus, donc
de prévenir des conflits. En ce qui concerne par contre l'impact
d'une telle action sur la réussite scolaire, il est difficile
d'évaluer ce qui relève de cet accompagnement ou d'autres
facteurs.Cependant, il semble qu'une relation de confiance établie
avec les parents ait pu favoriser la relation de l'enfant à l'enseignant
sans compter ce qui semble essentiel, la manifestation aux yeux de l'enfant
de la mobilisation de ses parents pour sa réussite.Pour conclure,
dans la plupart des cas, les rencontres ont joué un rôle
positif se traduisant par une amélioration des relations, un rapprochement école-famille.
Cependant, pour certaines familles très coupées de l'école,
ce type d'action ne les mobilise pas. D'autres dispositifs tels que le
réseau d'aide ou bien encore le travail effectué en relais
sur le quartier avec les travailleurs sociaux répondent de façon
plus personnalisée aux problématiques de ces familles.
Pour finir, je ferai simplement une remarque. Il me semble qu'au delà de
la distance ou du rapprochement des relations école-famille, s'est
joué bien autre chose dans ce jeu à trois que sont l'enfant,
l'école et la famille.
Il s'agit plutôt de transformations des relations. Il me
semble bien avoir été le témoin de changements d'attitudes,
d'attitudes moins crispées, moins méfiantes de part et
d'autre, de perceptions réciproques qui se modifient.
A la fois un désir des parents de comprendre le fonctionnement
de l'école, de réduire son opacité, à la
fois des enseignants impliqués qui reconnaissent et appliquent
le droit à l'information pour tous les parents et au cœur de cette
relation, l'enfant, l'élève qui semble apprendre d'autant
mieux que ses parents et son maître apprennent aussi et en particulier
apprennent les uns des autres.
JOELLE MAUGER Enseignante école élémentaire
en Zone d'Education Prioritaire
(Z.E.P)
Actuellement,
j'occupe un poste de soutien dans cette
même Z.E.P.
Je suis là pour apporter mon témoignage en tant qu'enseignante
ayant pratiqué l'action "accompagnement scolaire parental" - "Portes
ouvertes " pendant 5 ans avec la présence d'un tiers en l'occurrence
Madame KHAZAZ, psychologue à l'Ecole des Parents et des Educateurs
( E.P.E. ).
La cassette " l'Ecole qui bouge " présente très
rapidement le déroulement de cette action.
Mes
propos porteront sur :
la définition
du Tiers sur l'engagement de l'enseignant
dans cette relation triangulaire. ce que
les parents peuvent retirer de cette relation
? ce que cette action apporte aux enfants.
Le
tiers :
Pour
moi, c'est une personne qui dans l'exemple
qui nous intéresse : prépare
avec les enseignants concernés la
rencontre, assiste à la séance
en classe, reformule la parole des parents
et celle des enseignants pendant la discussion
qui suit le moment de classe, favorise
l'écoute et l'échange réciproque,
le tiers est placé en situation
de personne ressource : il est observateur
des comportements et peut ainsi repérer
les difficultés de part et d'autre,
il guide et apporte des conseils, rassure
les parents, les sécurise, crée
un climat de confiance, distribue la parole,
c'est un modérateur de la parole,
est facilitateur du projet : préparation – suivi – évaluation – bilan – travail
d'équipe. C'est une personne neutre.
D'ailleurs, la relation Enseignants – Tiers – Parents
bloquerait si le tiers prenait parti, s'il
ne respectait pas sa neutralité.
Maintenant,
je vais vous parler de l'engagement de
l'enseignant dans cette relation triangulaire.
Il faut
avoir envie de travailler, de collaborer
avec les parents. Changer son regard :
l'enseignant a des " a-priori " sur
les parents et vice versa. Etre motivé pour
le travail d'équipe. Avoir envie
de rendre accessible l'univers scolaire
aux parents. Recherche de la réussite
de l'enfant.
Ce
que les parents peuvent retirer de cette
relation : Voir que le dialogue est
possible. Avoir une image plus positive
de l'Ecole. Il faut que les parents sachent
qu'on les écoute, qu'on prend
leur parole en considération.
Point commun avec les Enseignants : réussite
de l'enfant.
Ce
que ça apporte à l'enfant
: C'est bénéfique.
Les enfants sont contents quand leurs
parents viennent aux rencontres. L'enfant
est le centre de ces échanges.
Le fait que les parents et les enseignants
collaborent dans la recherche d'un projet éducatif,
met l'enfant en confiance et ainsi il
améliore ses résultats
scolaires. Il devient plus sûr
de lui, plus performant. Il comprend
mieux l'intérêt de s'investir à l'école.
En
conclusion je dirais que :Que cette
action est une dynamique d'enrichissement
des relations entre les familles et l'Ecole.Les
parents d'enfants apprentis lecteurs
sont acteurs dans l'accompagnement scolaire
de leurs enfants, ils ont dépassé leurs
préjugés et comprennent
mieux ce que leur demande l'Ecole. Quant
aux Enseignants, ils comprennent mieux
les difficultés rencontrées
par les familles.Je voudrais ajouter
que ce projet est un projet lourd dans
la mesure où on manque de temps
pour : la réflexion en équipe,
la préparation, la concertation,
les évaluations, les bilans. Ce
serait bien que l'Institution nous laisse
du temps.
LYSIANE DIEU-NOJAC déléguée Education à la
Fédération des Œuvres Laïques
La
Ligue de l'Enseignement (F.O.L.) mouvement
d'Education Populaire,complémentaire
de l'Ecole Publique est convaincue
qu'il n'y a pas d'égalité hors
d'un service public national, le défi
est bien de rendre ce service public
plus efficace, plus juste… plus démocratique.
La
Ligue apporte son concours aux projets
des établissements scolaires et
participe à la création
de projets éducatifs locaux.
La
Ligue construit, accompagne la nécessaire évolution
du système éducatif, car
l'Ecole ne peut se transformer uniquement
par ses propres forces pour être
effectivement celle de tous, "l'Ecole
de tous"…
Si l'école ne peut tout assumer, elle ne peut
pas non plus se défausser de ses propres responsabilités
sur un environnement social dégradé. Mais
elle peut moins que jamais répondre seule aux nouvelles
questions de l'éducation.
C'est
l'ensemble des acteurs de l'éducation
qui doit être mobilisé :
les élèves, les enseignants, les
parents, les autres éducateurs
(et nous en sommes à la F.O.L.),
l'Etat, les collectivités territoriales…
Avant de mettre en place une action en direction des parents d'élèves,
en particulier les parents élus, représentants des parents
d'élèves, il est nécessaire de bien préciser
certains points. En particulier, on doit se poser les questions suivantes
: quelles images, quelles représentations se fait-on des parents élus, à travers
leur rôle et leur place, leurs droits et leurs obligations ? comment
les parents connaissent-ils et interprètent-ils les demandes et
les démarches de l'école et des institutions éducatives
? Comment situent-ils ces démarches dans leur propre projet familial
et éducatif ? Comment sont-ils informés, par les différents
professionnels, de leurs droits et de leurs devoirs et comment exercent-ils
leurs responsabilités ? pourquoi les parents de milieu populaire
sont-ils peu présents à l'école et dans les structures
traditionnelles ouvertes aux parents d'élèves ? que nous
apprennent les différents travaux de sociologie ou de sciences
de l'éducation sur l'opacité du fonctionnement et des attentes
de l'institution scolaire pour une grande partie des familles (et des élèves)
de milieu populaire ? que penser des expériences telles que les
nôtres… de mise en place de "tiers" entre l'école
et les parents élus ? A quelles conditions (avec quels garde-fous)
ces actions peuvent-elles être positives ? comment faire pour que
les parents élus soient d'abord sollicités sur les problèmes
de l'école en tant que citoyens avant de l'être en tant
que parents ? Des initiatives ministérielles tendent à renforcer
l'implication des parents dans le système scolaire….Quelques exemples… La
loi d'Orientation sur l'Education de juillet 89… "les parents sont
reconnus comme membres à part entière de la communauté éducative
et comme partenaires de l'institution scolaire"… A chaque rentrée,
des affichettes invitent les parents à se mobiliser… "les parents
ont besoin de l'école. L'école a besoin des parents"…. Le
Ministre a mis en place la semaine des parents à l'école
Des spots télévisés (depuis 99) sont diffusés à des
heures de grande écoute pour inciter les parents à venir élire
leurs représentants… "Parents, l'école a besoin d'entendre
votre voix"… Quelle est la réalité ? Quel est le pourcentage
de votants ? Quelle est l'implication réelle des parents élus
? leurs droits ? leur pouvoir ?….Malgré les textes officiels et
les bonnes intentions des ministres, les parents d'élèves
restent effectivement souvent à la porte de l'institution scolaire.Yves
Dutercq - INRP - explique "qu'au conseil d'école, les parents
font figure d'invités. Ils ne peuvent s'exprimer qu'à des
moments précis, lorsqu'on les interroge, pendant un temps généralement
très court. Ils doivent maîtriser le langage qu'utilisent
les enseignants, souvent très éloigné du leur. Ils
sont tenus aussi de savoir précisément quel sujet doit être
abordé, à quel moment et dans quelle enceinte. Ce contexte
aboutit à réduire les parents les moins armés au
silence. Il diminue en tout cas largement la porte des interventions".Agnès
Henriot Van Zanten - chercheur - ajoute… "les parents invités
formellement à participer, sont presque toujours "hors-sujet" lorsqu'ils
expriment un avis"….Depuis 6 ans, nous avons mis en place différents
modes de rencontres avec les parents d'élèves, en particulier
les parents d'élèves élus.
Nous
avons préféré au
terme de formation celui d'accompagnement
qui nous semble moins modélisateur."La
question, aujourd'hui, est de moins en
moins de mettre les gens à la
norme, de les éduquer, car alors
on ne leur laisse le choix que de se
soumettre ou de se démettre, mais
le problème est de savoir comment
penser des modes d'intervention politique
qui construisent l'espace socio-culturel
permettant aux gens de construire, de
parler et de dire leur propre expérience.
Les questions qui se posent très
directement sont des questions de reconnaissance
et d'inscription de ce qui est vécu
par cette population dans un espace public
et dans un espace civil" - Didier
Lapeyronnie -
L'ACCOMPAGNEMENT
DES PARENTS ELUS / DELEGUES :De quoi
s'agit-il ?
Des rencontres
de travail conviviales entre parents et
enseignants, des espaces de parole, d'échanges,
de propositions, de construction collective… de
transformations…. (des lieux de mutualisation
et de coproduction).
Pourquoi
?…
Pour
:- dépasser le "malentendu" entre
la communauté scolaire et les parents
d'élèves élus, clarifier
les rôles des uns et des autres,
les demandes et les attentes de chacun,
favoriser la représentativité des
parents élus pour l'implication
du plus grand nombre, faciliter le dialogue
et la relation de confiance, valoriser
les compétences parentales et développer
le lien social,
Où ?
Dans
les 3 groupes scolaires primaires et dans
le collège mais aussi dans le quartier
(centre d'animation, centre socio-culturel)
ce qui permet de réunir l'ensemble
des parents élus des 4 groupes scolaires….
Quand
?
Selon
la disponibilité des parents élus
: le samedi matin - un après-midi
de classe (direction déchargée)
- en soirée ….Une garderie est systématiquement
organisée lorsqu'il n'y a pas de
classe.
Les
contenus :
l'accueil
des nouveaux parents, la lisibilité de
l'école : la connaissance des personnes,
le fonctionnement de l'école…. répondre à toutes
les questions que se posent les parents élus…,
le fonctionnement du conseil d'école
: la préparation (les questions
des parents, la compréhension de
l'ordre du jour…), la participation et
l'intervention des parents au conseil d'école,
la circulation de l'information après
le conseil d'école, l'accompagnement
du groupe sur des problèmes de l'école…,
un sujet étudié par l'ensemble
des parents élus (conduite de réunion,
question de justice, les parents accompagnateurs
des sorties scolaires….).
Des
transformations :
Depuis
6 ans, on observe un nombre croissant de
parents élus : les sièges
des parents représentants dans les
différentes instances (conseils
d'école, conseils de classe, conseil
d'administration) sont pourvus, Avant les élections,
les parents sont invités à une
rencontre conviviale au cours de laquelle
les "anciens" expliquent le fonctionnement
du groupe et le rôle du parent élu….Ceux
qui ne souhaitent pas s'engager ont la
possibilité de participer aux rencontres
dans l'année…(depuis 2 ans, 4 à 5
parents participent d'abord aux rencontres
et se présentent ensuite), Les écoles
affichent les photos et identités
des parents élus, Dans un groupe
scolaire, les parents élus diffusent
un bulletin d'informations trimestriel,
Les conseils d'école, de classe
sont transformés "matériellement"…,
Dans un groupe scolaire, les questions
des parents sont les premières de
l'ordre du jour, Les dates des conseils
d'école, de maîtres sont diffusées
en début d'année afin d'organiser
les rencontres en fonction…, Une garderie
est systématiquement organisée
lorsqu'il y a conseil d'école, rencontre…,
Les parents participant au groupe ont acquis
une plus grande confiance en eux, prennent
plus facilement la parole, s'impliquent
dans les activités de l'école
et du quartier. Des femmes ont entrepris
des démarches de retour à l'emploi
voire de formations qualifiantes, Depuis
3 ans, les parents du primaire entre au
collège,
Des
difficultés :
Malgré des
amorces de transformation, nous nous heurtons
toujours aux mêmes difficultés
: Des formations parfois insuffisantes
des enseignants sur la relation Ecole -
Famille, Manque de reconnaissance institutionnelle
de ce travail qui pourrait se traduire
en terme de temps pour les enseignants…,
Risque de développer une "élite
de parents", Peu d'évolution
du pourcentage de votants aux élections,
Les parents en grande détresse ont
du mal à être concernés
par un type de démarche participative,
Les parents du collège…, c'est réfléchir à la
place et au rôle des parents d'adolescents… Ce
projet d'accompagnement prend en compte
les réalités du quartier.
Les actions mises en place émergent
des demandes et des attentes. Ce projet,
ces actions ne sont pas modélisables….Ces
actions s'inscrivent dans le temps et la
durée… et s'appuient sur des équipes
stables…En tant que tiers extérieur,
l'approche est distanciée. On ne
porte pas de jugement, on dédramatise.
Les rencontres ne sont plus en face à face
mais "en triangle".Ces actions prennent
en compte l'accueil, la convivialité,
l'échange mutuel, et donc la capacité à écouter,
et l'émergence des réponses
du et dans le groupe….
Il s'agit
moins de formation que d'aide et d'accompagnement.
JOSIANE RONDIN et ISABELLE GENEAUX
Parents d'élèves élus de l'école élémentaire
Viera Da Silva.…
(témoignage
vidéo) Josiane RONDIN précise
qu'elle ne pourra être présente
aux rencontres organisées à Coutances
car les élections des parents d'élèves
se déroulent le même jour.Quel
est l'intérêt de prendre une
part active dans le fonctionnement de l'école
de vos enfants ? Telle est la question
qui donne suite à l'entretien ci-dessous.
Lors
d'une rentrée scolaire, Isabelle
GENEAUX a été confrontée à la
fermeture de la classe que devait intégrer
son enfant. Elle a pu échanger,
obtenir des explications sur le fonctionnement
de l'école et a décidé de
devenir représentante des parents
d'élèves.Pour Josiane RONDIN
c'était un bon moyen d'intégration
dans la vie du quartier. C'était
une façon de connaître du
monde alors qu'elle était mère
au foyer. De plus, c'était une manière
de savoir se qui se passait dans l'école
de sa fille.
Comment
avez-vous mobilisé les autres
parents ?
Isabelle
GENEAUX explique que lors de la fermeture
d'une classe de maternelle de l'établissement
Vieira Da Silva, elle a expliqué son
rôle et l'intérêt de
ce rôle. Elle s'est également
mise à l'écoute des parents
présents. Le contact (direct) est
important pour mobiliser de nouveaux parents.
Comment
intégrez-vous les futurs parents
d'élèves ?
Les parents
d'élèves déjà élus
proposent aux parents, désireux
de le devenir, de les suivre lors de la
préparation du Conseil d'école
ou de la formation. Ils sont donc présents
et sont invités à participer
aux divers débats.En général,
par la suite, des parents "spectateurs",
deviennent acteurs et sont parents d'élèves élus,
en sachant ce à quoi ils s'engagent.
Que
vous a apporté la formation parents
d'élèves mise en place
par la F.O.L. ?
Plusieurs
atouts : prendre confiance en soi prendre
des notes savoir et oser prendre la parole
apprendre à travailler en vue du
Conseil d'école rencontrer les
autres parents d'élèves élus
et les gens du quartier enlever la barrière
parents / enseignants savoir ce qu'on
peut dire ou pas savoir qu'on s'engage
pour l'école et les élèves
et non pas pour son enfant uniquement mieux
intégrer et écouter les nouveaux
parents élus
Ce
rôle de parents d'élèves
ouvre t-il des portes ?
Oui,
plusieurs opportunités sont offertes.
Certains parents élus retrouvent
un emploi, reprennent une formation. D'autres
sont embauchés dans les écoles
pour les animations et entrent en contact
ainsi avec les structures du quartier.
Structures de quartier qui proposent, elles
aussi, des emplois en relation avec l'école.Mesdames
GENEAUX et RONDIN précisent qu'elles
sont désormais capables de prendre
des responsabilités puisque leur
rôle de parent d'élèves
leur a redonné confiance en elles-mêmes.
Qu'avez-vous
rencontré comme difficultés
?
L'engagement à long
terme peut entraîner une certaine
lassitude, un désengagement.
Et
comme réussite ?
mobilisation
contre la fermeture d'une classe qui a
jusqu'à présent permis le
maintien de cette classe
offre d'une scolarité favorable à tous
Comment
contactez-vous les autres parents ?
Chaque
parent touche une catégorie de parents
différente. De là, découle
un effet "boule de neige" qui favorise
la mobilisation et l'information.
Les parents élus profitent de la sortie des écoles pour
avoir un contact direct primordial avec les autres parents.
Deux
exemples d'actions mises en place par
les parents élus au conseil d'école
?
Restaurant
scolaire Suite à un mécontentement
croissant des parents d'élèves,
les parents élus ont organisé un
sondage pour connaître les satisfactions
et les difficultés que pouvaient
rencontrer les parents d'élèves.
Ce sondage était anonyme sauf
si les parents souhaitaient mentionner
leur nom. De ce sondage est ressorti
l'idée, entre autres, que les
repas n'étaient pas équilibrés.
L'étude de ce sondage a permis
d'étudier le sujet en conseil
d'école en présence du
régisseur et d'apporter des réponses
aux questions soulevées par l'enquête. Sorties
scolaires Un questionnaire a été donné aux
enseignants afin de savoir ce qu'ils
attendaient des parents, s'ils avaient,
ou non, besoin de parents accompagnateurs,
pour quoi faire…. Depuis, il a été créé une
formation "Accompagnement Sorties Scolaires" et
aborder sur la demande des parents et
des enseignants trois sujets : l'accompagnement
au musée, la législation,
la réglementation et la sécurité,
la rédaction d'un "guide pratique
de l'accompagnateur des sorties scolaires".
Projet
de la Zone d'Education Prioritaire de
la Grâce de Dieu à CAEN
: "Enrichissement des relations entre
l'école et les familles".