A Marie Garnavault de la Mutualité Sociale Agricole de la Manche qui nous a interpellées pour participer à cette journée et à Louis Souchal de la Caisse d'Allocations Familiales de la Manche qui a confirmé notre participation.
Nos propos ne seront que de l'ordre du témoignage et pas du tout de celui de l'exemplarité. Nous ne sommes pas donneurs de leçons, nous sommes dans la réflexion et dans l'action, dans la recherche de cohérence et surtout parce qu'au travers de ce projet et de ces actions, nous retrouvons nos valeurs.
"l'école qui bouge"…
série télévisée de la cinquième chaîne diffusée en mai et octobre 2001
Le travail Ecole-Famille a été l'axe principal du premier projet de ZEP (1995-1998). Le bilan fait dans le cadre du contrat de réussite a été globalement positif et ce travail Ecole – Famille a été confirmé à l'échelle de la ZEP avec le souhait d'adapter les outils au plus près des réalités de chaque établissement scolaire tout en visant un élargissement du dispositif.
En juin dernier, un bilan non exhaustif a souligné la diversité des contacts noués avec les familles.
Cette variété d'actions ne résout pas tous les problèmes rencontrés avec les parents mais manifeste une position d'écoute nécessaire au bon fonctionnement d'une dynamique de ZEP.
Un retour sur les enjeux de ce travail et l'historique de la ZEP de la Grâce de Dieu nous a semblé important.
Depuis de nombreuses années, les chercheurs ont souligné la corrélation statistique entre l'échec scolaire et les milieux populaires. Si les enfants des parents exerçant des professions libérales sont 80 % à quitter le système éducatif avec un diplôme de l'enseignement supérieur, c'est le cas pour moins de 10 % des enfants d'ouvriers.En 97, à l'entrée au CE2 les enfants des cadres supérieurs fournissaient 76 % de bonnes réponses aux tests nationaux alors que le score d'enfants d'ouvriers étaient de 63 %. Cet écart tend à s'accroître au cours de la scolarité.D'autres chercheurs tendent à prouver que le déterminisme social n'est pas toujours inéluctable. Charlot, Lahire et d'autres ont enquêté de manière très fine sur les enjeux de la réussite scolaire en fonction de la structure de la famille. L'investissement scolaire d'un élève est toujours en relation avec son histoire familiale. Cependant, notre regard d'enseignant tend à enfermer les parents de milieu populaire dans une image négative, voire dépréciative. Le vocabulaire utilisé est souvent dans un registre lexical autour du manque, de la carence.
Cette expérience s'ancre dans un quartier d'habitat social de la ville de Caen : La Grâce de Dieu identifiée Zone de Redynamisation Urbaine dans le cadre des dernières mesures de Politique de la Ville. Ce secteur est intégré dans le Contrat de Ville mis en place par la municipalité en liaison avec les Services de l'Etat. Classés en Zone d'Education Prioritaire depuis Octobre 1994, les trois écoles primaires et maternelles du quartier et le collège accueillent environ 1500 élèves de 2 à 16 ans.Le concept de solidarité qui fonde la politique de la Ville est au cœur de notre démarche. Nous nous sommes fixés un objectif ambitieux : dépasser le malentendu entre la communauté scolaire et les usagers de l'école que sont les parents d'élèves. Nous interrogeons l'idée préconçue de parents démissionnaires et préférons analyser les modes de présence des parents. Les parents de ZEP ne forment pas un bloc homogène. Pour beaucoup le monde scolaire est mal connu, souvent synonyme d'échec.
Plus l'enfant grandit, plus franchir la porte de l'école puis du collège devient difficile. Nous avons cherché à expliciter l'implicite de l'école. Les parents " éloignés de l'école " de par leur histoire scolaire, ont beaucoup de mal à décoder nos systèmes de référence.
Accompagner son enfant dans son travail scolaire représente pour de nombreux parents une tâche difficile à assumer.
Dans un premier temps ( 1995 ) des entretiens, des enquêtes réalisées avec la Fédération des Œuvres Laïques ont permis d'analyser, de clarifier la demande des parents face à l'école et inversement celle des enseignants face aux parents. Formaliser des outils pour communiquer et participer grâce à une école de qualité qui contribue à une meilleure image de l'école et du quartier.
Suite à cet état des lieux, une commission multi-partenariale ( Education Nationale, Associations de parents d'élèves, M.J.C., S.A.P., Centre socio-culturel/C.A.F., C.E.P.E.F., F.O.L., E.P.E ) a élaboré des propositions concrètes pour les parents d'élèves de la maternelle au collège. Il s'agit d'impulser une dynamique d'enrichissement des relations entre l'Ecole et les Familles. Ces rencontres de travail conviviales visent une meilleure réussite scolaire par l'implication du plus grand nombre. Ces pratiques créent du lien social et permettent à une population souvent sans référent professionnel de se (re)valoriser grâce au suivi scolaire de leurs enfants.
a) ACCOMPAGNEMENT DES PASSAGES
Depuis longtemps, les chercheurs en éducation ont souligné des passages entre les différentes étapes de la scolarité. Pour faciliter ces ruptures nécessaires pour l'évolution de l'enfant, nous avons institué trois moments forts :
Accueil des enfants et de leurs parents avant la première rentrée à l'école en lien avec la Halte-garderie, la crèche, la P.M.I., le centre socio-culturel – CAF, la M.J.C., la CEPEF dans les classes de maternelle. Liaison maternelle - CP Liaison CM2/6ème.
b) ACCOMPAGNEMENT DES PARENTS ELUS ET DELEGUES
Il s'est constitué dans chaque établissement scolaire, un groupe de parents élus ou désignés dans les instances de représentations des parents en milieu scolaire. En partenariat avec la Fédération des Œuvres Laïques, un suivi a été mis en place depuis six ans.
c) ACTIONS IMPLIQUANT DES PARENTS DANS L'ECOLE
Des actions avec des tiers et des actions sans tiers
Des moments où la parole est en chantier avec un tiers extérieur qui :
- Mets en confiance et valorise.
- Anime et met à distance.
- Aide au bilan.
- Participe à la transformation de l'école.
Des moments de vie et d'échanges entre l'équipe éducative et les parents :
Présentation de travaux d'élèves. Actions-lecture impliquant les parents. Rendez-vous autour des évaluations. Réunions parents-professeurs autour des devoirs à la maison. Conseils d'usagers.
Etc...
Pourquoi avoir choisi des tiers extérieurs à l'Education Nationale ?
Faciliter les échanges s'appuyer sur des compétences spécifiques favoriser le lien social par la présence d'associations d'éducation populaire ou proche de l'école Il est important que les enjeux du travail soient préalablement explicités et définis. Le tiers est intégré dans un projet travaillé avec l'ensemble des acteurs du quartier.
Par ailleurs, des personnes impliquées dans le quartier peuvent jouer un rôle de relais, de passeur :
Mettre les acteurs en relation, faciliter les liaisons dans un souci de cohérence être relais avec les autres parents. Les premiers relais avec les parents sont les enfants. Comment les enseignants peuvent-ils être impliqués ? La place des enfants est différente suivant leur âge.
Comment mettre en place des dispositifs qui prennent en compte ces différences ?
Un travail avec des parents et leurs enfants qui se tisse à plusieurs niveaux, qui implique les acteurs de différents services publics dans une logique de travail en réseau où les missions de chacun sont complémentaires.
Quelques pistes de réflexions…
Une démarche aussi massive à l'échelle d'un quartier est-elle viable ? Ne risque t'on pas de creuser un fossé entre un petit groupe de professionnels et de parents très investis et le reste de la communauté éducative ? Comment tendre vers une plus grande représentativité des parents élus ? Si des parents sont face à des attitudes contradictoires des professionnels, ne risque t'on pas d'envenimer une situation parfois tendue ? Comment inscrire ce chantier dans un cadre pluri-professionnel sous-tendant une réelle implication financière et technique de tous les partenaires soucieux de développement du lien social ? L'école peut-elle être le relais ou un des vecteurs du développement du lien social ? Ne nous substituons – nous pas à d'autres acteurs sociaux ? Le taux de participation des parents aux élections ne semble pas un indicateur suffisant. Comment construire un outil d'évaluation permettant d'analyser précisément tous les modes d'implication des parents à l'école ?
Cette action s'inscrit dans une continuité indispensable à l'implication de tous et à l'amplification de la démarche. Nous constatons une nouvelle entrée des parents dans l'école grâce à de meilleures conditions d'accueil, le développement pour certains parents de la confiance et de l'estime de soi. Une mutualisation des compétences est en cours à travers la mise en place d'actions concrètes.Cette action est soutenue financièrement par le Contrat de Ville. Ces rencontres nécessitent l'intervention de tiers extérieurs qui soutiennent, analysent et relancent. C'est pourquoi nous avons construit un partenariat de proximité avec les travailleurs sociaux du quartier et les associations de parents d'élèves. Cette mise en synergie de nos actions vise une efficacité plus grande et cherche à accroître une plus grande mobilisation des habitants. L'aide financière de différents partenaires nous permet de travailler avec deux associations qui jouent le rôle de tiers extérieurs : la Fédération des Œuvres Laïques et l'Ecole des Parents et des Educateurs.Le choix d'associations proches dans leurs principes directeurs des enjeux de l'école publique et de la politique de la ville n'est pas anodin. Travailler avec des associations d'Education Populaire nous permet d'élaborer un projet global qui allie pratique de terrain et analyse théorique.
(témoignage vidéo) L'entretien commence, alors que l'intervention se situe le jour même de l'élection des parents d'élèves de l'école.
Madame Nicole JAMES, Présidente du bureau de vote, rappelle le rôle du tiers.
Selon elle, plutôt que de parler de médiateur (ce qui sous-entend qu'on n'arrive plus à dialoguer… Or, le dialogue existe si l'équipe est ouverte), l'animateur, la Fédération des Œuvres Laïques en ce qui nous concerne sur cette action, est un tiers. Ce tiers sert de lien entre l'Education Nationale, l'école et les familles.
Madame JAMES pense qu'elle a besoin de ce tiers pour objectiver les débats.En effet, lorsqu'elle rencontre des familles en difficulté, elle est tentée de rentrer dans une relation affective qui ne la rend plus neutre face à la situation. Le tiers apporte une objectivité dans les rapports avec les familles. Il intellectualise une situation dans laquelle, selon Madame James, on ne peut se détacher sans son intervention. Par exemple, une réunion avec des parents sur le ton de l'agression ne tendra jamais vers un débat au-delà de l'aspect social. Madame JAMES le regrette et souhaite amener les parents à prendre conscience qu'ils sont des êtres pensants. C'est l'aspect cognitif qu'elle souhaite développer.
Le parent est, en effet, responsable de son enfant, de son éducation.
C'est alors qu'intervient le tiers. Pour Madame JAMES, le tiers facilite les relations Direction / Parents en favorisant des rapports authentiques.
Dans le cas de l'école Vieira da Silva les tiers tels que la F.O.L et l'E.P.E., peuvent faciliter le dialogue. Leur appui est favorable au dialogue à l'école car, avec des ateliers d'animations pour adultes, les parents : redécouvrent l'estime de soi et leur propre (re)valorisation, apprennent à s'exprimer, à prendre des notes découvrent qu'ils peuvent apprendre des enseignants et que, réciproquement, les enseignants peuvent s'approprier les connaissances des parents.Tout ceci sert à lever tous les malentendus que Madame JAMES rencontre lors d'entrevues avec les parents en situation difficile.
L'intervention de tiers tel que la F.O.L. a des effets positifs.
En effet, lorsque Madame JAMES, pose la question suivante, à son équipe pédagogique : "Comment s'est passée la réunion parents / enseignants ?"
Avant le changement enclenché par la Fédération des Œuvres Laïques, l'Ecole des Parents et des Educateurs, les enseignants répondaient de façon quantitative en disant que peu de parents étaient présents.
Depuis l'intervention des tiers, les enseignants mentionnent la qualité des échanges.
Un sondage effectué dans 9 classes de l'établissement permet de noter une évolution considérable. En effet, les parents, lors des entretiens avec les enseignants, n'abordent plus les questions matérielles. Au contraire, ils questionnent davantage par exemple sur la façon d'accompagner le travail de leurs enfants à la maison.
La mise en place de cette action a permis un enrichissement du lien familles/école, une évolution du dialogue.
La C.E.P.E.F. est une structure multipartenariale existant depuis 1993 sur le quartier de la Grâce de Dieu.
La C.E.P.E.F. formalise 1 réseau inter-institutionnel visant à mutualiser la prise en compte cohérente des besoins identifiés liés à la famille et la petite enfance. La C.E.P.E.F. est ouverte aux différents acteurs de la famille et de la petite enfance : Association de quartier ( Aspic ) / CAF Calvados ( CSC + Halte ) / CCAS ( Crèche ) / Conseil Général ( PMI et Circonscription ) / HLM CAEN Habitat / Education Nationale ( ZEP écoles maternelles ) / Ville de CAEN (CLA + Bibliothèque). Employeurs et financements.
Nos publics
Familles ayant des enfants de 0 à 6 ans, femmes enceintes et futurs parents, les jeunes mères, les familles d'origine étrangère, les assistantes maternelles. Ma fonction Elle implique la coordination des actions engagées au titre de la C.E.P.E.F. visant la petite enfance et la famille sur ce quartier, de veiller à la participation des familles et à assurer la concertation avec les membres de la C.E.P.E.F.
Ma fonction implique donc d'être en capacité de répondre aux exigences du travail social et de maîtriser des savoir-faire :
Diagnostiquer / élaborer / préparer / communiquer / gérer / évaluer / développer. Ce travail de transversalité me permet d'assurer le lien entre les acteurs de la C.E.P.E.F., de faire le relais avec les familles et de développer dans ce réseau des actions de prévention, innovantes qui visent à informer, accompagner et soutenir les familles avec lesquelles nous travaillons.
C'est ainsi que nous veillons à la mise en place d'actions qui favorisent ou renforcent les capacités éducatives de la cellule familiale mon rôle n'est pas de me substituer aux familles : accueil sésame / Travail sur des supports de communication / Travail avec ZEP.
Très souvent, on entend que les parents sont démissionnaires mais nous, nous travaillons sur l'idée qu'ils ne le sont pas, qu'ils ont plutôt (comme tout autre parent) envie de connaître les différents dispositifs existants, d'être mieux informés… (travail sur les représentations de part et d'autres).
Pour ce faire, cela nécessite de consacrer du temps, des échanges, des rencontres, de l'écoute…
C'est avec ce minimum commun que nous avons mis en œuvre une dynamique de réseau depuis 94, Z.E.P. et C.E.P.E.F., pour initier une action intitulée "la première rentrée à l'école maternelle" afin de :
Favoriser la réussite de la première rentrée scolaire développer et améliorer les relations, les rencontres entre les familles, les structures petite enfance et les écoles maternelles. Avec les professionnels petite enfance et les enseignants, nous complétons ainsi nos expériences de travail, nos missions pour sécuriser les parents et les enfants et les familiariser avec l'école : nous proposons des visites – goûter des écoles, une rencontre, une vidéo = support communication / un questionnaire.
Dans cette démarche, nous associons les parents dès la maternelle pour les " maintenir " dans leurs responsabilités de parent, leur démontrer que leur enfant a besoin d'eux pour franchir ce " passage " parfois difficile surtout si mal appréhendé.
Propos de Madame KHAZAZ, psychologue, intervenante à l'Ecole des Parents et des Educateurs du Calvados (lecture du propos par Isabelle Bordet)
Il m'a été demandé de témoigner d'une expérience menée par l'école des parents et des éducateurs depuis trois ans dans le quartier de la Grâce de Dieu en Zone d'Education Prioritaire. Cette action vise la réussite scolaire des enfants apprentis lecteurs en associant les parents au cursus scolaire de leurs enfants.
Je vous parlerai dans un premier temps de l'origine de ce travail pour ensuite vous exposer les modalités de mise en œuvre de cette action et finir sur quelques éléments de bilan.Concernant l'origine de ce travail, un premier état des lieux effectué en 1994 sur le quartier de la Grâce de Dieu fait état des constats suivants : certaines communautés étrangères sont repliées sur elle-même, la communication est problématique, voire impossible. Les mères sont souvent mal intégrées à la vie sociale et assez démunies dans le suivi de la scolarité de leurs enfants. Conjointement, une mère d'origine turque interpelle l'école pour témoigner de son travail bénévole d'interprète et souligne la difficulté pour de nombreuses mères à s'exprimer en français ou même de le comprendre.
Face à cette demande, le P.I.A.F. ( Point d'Insertion par l'Accueil et la Formation ) mettra en place des rencontres pour une quinzaine de femmes turques ayant le désir d'apprendre la langue française.
Cette demande initiale se révèlera très vite, au fil des rencontres, une demande d'intégration sociale, notamment une demande concernant le suivi scolaire des enfants scolarisés en primaire, et en échec.
Cette demande formulée dans un premier temps comme " pouvoir parler avec la maîtresse de nos enfants " deviendra progressivement une demande de compréhension du fonctionnement de l'école et de diverses structures d'accueil pour le suivi scolaire.
Parallèlement, une enquête effectuée dans le quartier, axée sur le lien école-famille, fait apparaître la nécessité d'aider les parents, qu'ils soient d'origine étrangère ou non, à suivre la scolarité de leurs enfants.
C'est donc suite à l'identification de cette demande collective émanant des femmes turques, et dans le même temps, suite aux échanges entre les directeurs d'écoles, la coordinatrice ZEP et les partenaires du quartier que s'est mis en place un projet collectif, à savoir :
une action d'alphabétisation, mise en place depuis lors par l'Ecole des parents et des éducateurs et une structure d'accompagnement scolaire parental ayant pour objectifs :
de faciliter la communication entre l'école et l'univers familial dans une perspective d'explicitation réciproque des attentes et des demandes de chacun, de permettre aux parents d'accompagner la scolarité de leurs enfants évitant ainsi une certaine démobilisation, de faciliter la relation entre les parents et les enfants face aux exigences du système scolaire, et bien évidemment de permettre aux parents d'origine étrangère de s'intégrer dans la vie de l'école et du quartier. L'Ecole des Parents et des Educateurs s'est associée très rapidement à l'écriture d'un premier projet dont je viens de citer les objectifs, mis en place en 1996, et ce à titre expérimental pour une classe de CP à l'école Vieira Da Silva.
Après deux mois de fonctionnement, il a fallu se rendre à l'évidence que le type d'accueil que nous proposions ne répondait pas aux attentes des parents.Pour résumer, il s'agissait d'accueillir les parents à l'extérieur de l'école, deux heures par semaine afin d'échanger de partager avec d'autres parents les expériences vécues par chacun sur différentes thématiques telles que " comment apprend-t-on ? ", " s'informer sur le fonctionnement scolaire, la méthode d'apprentissage en lecture, etc"…
Trop peu de familles ont été reçues lors des premières permanences pour s'engager dans ce travail, aussi il a fallu revoir la nature de l'accompagnement et son déroulement. Il s'agissait de recentrer d'avantage notre action sur l'enfant scolarisé, l'enseignant ayant donc un rôle important, incontournable dans cette dynamique relationnelle.
Pour ce faire nous avons mis en place, en accord avec l'enseignant, une rencontre se déroulant en deux temps, où les parents pénètrent dans la classe et observent le déroulement ordinaire du travail de l'enseignant et des enfants, une deuxième partie étant consacrée à un échange entre parents, enseignants et moi-même.Trois rencontres sont mises en place au cours de l'année, une environ chaque trimestre.
L'expérience d'une première année de fonctionnement nous a permis de dégager et de recenser les interrogations et les préoccupations principales des parents.Aussi trois thèmes sont généralement abordés dans l'année à savoir : l'apprentissage de la lecture, l'approche de la méthode de lecture, les leçons à la maison. " Comment aider mon enfant sans faire à sa place ? " et un troisième thème, moins ciblé, établi en fonction de la demande des parents ou des enseignants. Depuis deux ans, cette action s'est étendue à une autre école, aussi quatre classes de CP sont actuellement concernées.
Par ailleurs l'amorce d'un travail avec les parents d'enfants de grande section maternelle est engagée dès le mois de juin dans les trois écoles du quartier.
Les familles sont invitées à participer à une information concernant l'entrée de leur enfant au cours préparatoire. Un support audio-visuel, axé sur une séquence de lecture, sert de support de discussion et permet de présenter les enjeux des rencontres proposées tout au long du CP.
Alors, après trois ans d'activité en commun, quels sont les enseignements que nous pouvons en tirer ?
Sans prétendre faire la synthèse d'une expérience aussi riche, je souhaite cependant relever et vous faire part de quelques éléments de bilan qui attestent de l'intérêt d'un tel travail.Tout d'abord un premier constat d'ordre quantitatif.Le taux de fréquentation est relativement important puisque environ 70 % des familles viennent aux rencontres et témoignent donc de leur intérêt pour ce type d'échange.Un deuxième constat celui-ci de nature plus qualitatif.Tout d'abord concernant les familles, on note en début d'année scolaire une forte inquiétude de la part des parents, inquiétude souvent liée à leur propre expérience et au désir de réussite de leur enfant.A cela on constate le plus souvent, une réelle méconnaissance des pratiques concrètes du cours préparatoire et plus globalement de l'école primaire.L'attention des parents est focalisée sur l'apprentissage de la lecture, les représentations du travail scolaire et de l'apprentissage sont souvent mises à mal.
Ceci est très perceptible lors des échanges qui suivent les portes ouvertes. En effet, pour certains parents, les activités visant à acquérir des compétences qui ne relèvent pas du déchiffrage ne sont pas considérées comme construisant du savoir.
La méthode syllabique le " B-A – BA " apparaît souvent comme le seul mode d'apprentissage valable.
Il faut donc être à l'écoute, rassurer, expliciter la démarche de l'enseignant. Parallèlement, l'observation des enfants en situation d'apprentissage contribue à une meilleure compréhension des méthodes pédagogiques utilisées par l'enseignant.A ce propos, voici quelques témoignages de familles recueillies lors de ce bilan de fin d'année : " Cela nous a permis de voir des méthodes nouvelles, cela nous a rassuré lorsqu'on a vu que nos enfants ont pu quand même lire normalement. " " La première rencontre a été inquiétante sachant que certains parents étaient habitués à l'ancienne méthode de lecture. " " On a pu voir la technique d'apprentissage, cela m'a permis de faire les leçons avec mon fils d'une autre façon que la mienne ce qui a été une bonne chose… " Le bilan final est généralement positif, les familles sont en majorité satisfaites des rencontres. Celles-ci semblent avoir répondu à leurs attentes.En ce qui concerne maintenant les enseignants, là encore le bilan est positif. Les constatations faites le plus souvent sont : des relations plus riches, plus confiantes, établies progressivement avec les familles, une meilleure compréhension par les familles des méthodes pédagogiques utilisées, donc une meilleure cohérence entre la pratique de l'enseignant et l'action du parent à la maison, moins d'hésitations de la part des familles à s'adresser aux enseignants, la relation est maintenue par les parents eux-mêmes en dehors de ces rencontres et le plus souvent, à leur initiative, les demandes et les attentes de parents sont plus clairement exprimées, les rencontres permettent de désamorcer des malentendus, donc de prévenir des conflits. En ce qui concerne par contre l'impact d'une telle action sur la réussite scolaire, il est difficile d'évaluer ce qui relève de cet accompagnement ou d'autres facteurs.Cependant, il semble qu'une relation de confiance établie avec les parents ait pu favoriser la relation de l'enfant à l'enseignant sans compter ce qui semble essentiel, la manifestation aux yeux de l'enfant de la mobilisation de ses parents pour sa réussite.Pour conclure, dans la plupart des cas, les rencontres ont joué un rôle positif se traduisant par une amélioration des relations, un rapprochement école-famille.
Cependant, pour certaines familles très coupées de l'école, ce type d'action ne les mobilise pas. D'autres dispositifs tels que le réseau d'aide ou bien encore le travail effectué en relais sur le quartier avec les travailleurs sociaux répondent de façon plus personnalisée aux problématiques de ces familles.
Pour finir, je ferai simplement une remarque. Il me semble qu'au delà de la distance ou du rapprochement des relations école-famille, s'est joué bien autre chose dans ce jeu à trois que sont l'enfant, l'école et la famille.
Il s'agit plutôt de transformations des relations. Il me semble bien avoir été le témoin de changements d'attitudes, d'attitudes moins crispées, moins méfiantes de part et d'autre, de perceptions réciproques qui se modifient.
A la fois un désir des parents de comprendre le fonctionnement de l'école, de réduire son opacité, à la fois des enseignants impliqués qui reconnaissent et appliquent le droit à l'information pour tous les parents et au cœur de cette relation, l'enfant, l'élève qui semble apprendre d'autant mieux que ses parents et son maître apprennent aussi et en particulier apprennent les uns des autres.
Actuellement, j'occupe un poste de soutien dans cette même Z.E.P.
Je suis là pour apporter mon témoignage en tant qu'enseignante ayant pratiqué l'action "accompagnement scolaire parental" - "Portes ouvertes " pendant 5 ans avec la présence d'un tiers en l'occurrence Madame KHAZAZ, psychologue à l'Ecole des Parents et des Educateurs ( E.P.E. ).
La cassette " l'Ecole qui bouge " présente très rapidement le déroulement de cette action.
Mes propos porteront sur :
la définition du Tiers sur l'engagement de l'enseignant dans cette relation triangulaire. ce que les parents peuvent retirer de cette relation ? ce que cette action apporte aux enfants.
Le tiers :
Pour moi, c'est une personne qui dans l'exemple qui nous intéresse : prépare avec les enseignants concernés la rencontre, assiste à la séance en classe, reformule la parole des parents et celle des enseignants pendant la discussion qui suit le moment de classe, favorise l'écoute et l'échange réciproque, le tiers est placé en situation de personne ressource : il est observateur des comportements et peut ainsi repérer les difficultés de part et d'autre, il guide et apporte des conseils, rassure les parents, les sécurise, crée un climat de confiance, distribue la parole, c'est un modérateur de la parole, est facilitateur du projet : préparation – suivi – évaluation – bilan – travail d'équipe. C'est une personne neutre. D'ailleurs, la relation Enseignants – Tiers – Parents bloquerait si le tiers prenait parti, s'il ne respectait pas sa neutralité.
Maintenant, je vais vous parler de l'engagement de l'enseignant dans cette relation triangulaire.
Il faut avoir envie de travailler, de collaborer avec les parents. Changer son regard : l'enseignant a des " a-priori " sur les parents et vice versa. Etre motivé pour le travail d'équipe. Avoir envie de rendre accessible l'univers scolaire aux parents. Recherche de la réussite de l'enfant.
Ce que les parents peuvent retirer de cette relation : Voir que le dialogue est possible. Avoir une image plus positive de l'Ecole. Il faut que les parents sachent qu'on les écoute, qu'on prend leur parole en considération. Point commun avec les Enseignants : réussite de l'enfant.
Ce que ça apporte à l'enfant : C'est bénéfique. Les enfants sont contents quand leurs parents viennent aux rencontres. L'enfant est le centre de ces échanges. Le fait que les parents et les enseignants collaborent dans la recherche d'un projet éducatif, met l'enfant en confiance et ainsi il améliore ses résultats scolaires. Il devient plus sûr de lui, plus performant. Il comprend mieux l'intérêt de s'investir à l'école.
En conclusion je dirais que :Que cette action est une dynamique d'enrichissement des relations entre les familles et l'Ecole.Les parents d'enfants apprentis lecteurs sont acteurs dans l'accompagnement scolaire de leurs enfants, ils ont dépassé leurs préjugés et comprennent mieux ce que leur demande l'Ecole. Quant aux Enseignants, ils comprennent mieux les difficultés rencontrées par les familles.Je voudrais ajouter que ce projet est un projet lourd dans la mesure où on manque de temps pour : la réflexion en équipe, la préparation, la concertation, les évaluations, les bilans. Ce serait bien que l'Institution nous laisse du temps.
La Ligue de l'Enseignement (F.O.L.) mouvement d'Education Populaire, complémentaire de l'Ecole Publique est convaincue qu'il n'y a pas d'égalité hors d'un service public national, le défi est bien de rendre ce service public plus efficace, plus juste… plus démocratique.
La Ligue apporte son concours aux projets des établissements scolaires et participe à la création de projets éducatifs locaux.
La Ligue construit, accompagne la nécessaire évolution du système éducatif, car l'Ecole ne peut se transformer uniquement par ses propres forces pour être effectivement celle de tous, "l'Ecole de tous"…
Si l'école ne peut tout assumer, elle ne peut pas non plus se défausser de ses propres responsabilités sur un environnement social dégradé. Mais elle peut moins que jamais répondre seule aux nouvelles questions de l'éducation.
C'est l'ensemble des acteurs de l'éducation qui doit être mobilisé : les élèves, les enseignants, les parents, les autres éducateurs (et nous en sommes à la F.O.L.), l'Etat, les collectivités territoriales…
Avant de mettre en place une action en direction des parents d'élèves, en particulier les parents élus, représentants des parents d'élèves, il est nécessaire de bien préciser certains points. En particulier, on doit se poser les questions suivantes : quelles images, quelles représentations se fait-on des parents élus, à travers leur rôle et leur place, leurs droits et leurs obligations ? comment les parents connaissent-ils et interprètent-ils les demandes et les démarches de l'école et des institutions éducatives ? Comment situent-ils ces démarches dans leur propre projet familial et éducatif ? Comment sont-ils informés, par les différents professionnels, de leurs droits et de leurs devoirs et comment exercent-ils leurs responsabilités ? pourquoi les parents de milieu populaire sont-ils peu présents à l'école et dans les structures traditionnelles ouvertes aux parents d'élèves ? que nous apprennent les différents travaux de sociologie ou de sciences de l'éducation sur l'opacité du fonctionnement et des attentes de l'institution scolaire pour une grande partie des familles (et des élèves) de milieu populaire ? que penser des expériences telles que les nôtres… de mise en place de "tiers" entre l'école et les parents élus ? A quelles conditions (avec quels garde-fous) ces actions peuvent-elles être positives ? comment faire pour que les parents élus soient d'abord sollicités sur les problèmes de l'école en tant que citoyens avant de l'être en tant que parents ? Des initiatives ministérielles tendent à renforcer l'implication des parents dans le système scolaire….Quelques exemples… La loi d'Orientation sur l'Education de juillet 89… "les parents sont reconnus comme membres à part entière de la communauté éducative et comme partenaires de l'institution scolaire"… A chaque rentrée, des affichettes invitent les parents à se mobiliser… "les parents ont besoin de l'école. L'école a besoin des parents"…. Le Ministre a mis en place la semaine des parents à l'école Des spots télévisés (depuis 99) sont diffusés à des heures de grande écoute pour inciter les parents à venir élire leurs représentants… "Parents, l'école a besoin d'entendre votre voix"… Quelle est la réalité ? Quel est le pourcentage de votants ? Quelle est l'implication réelle des parents élus ? leurs droits ? leur pouvoir ?….Malgré les textes officiels et les bonnes intentions des ministres, les parents d'élèves restent effectivement souvent à la porte de l'institution scolaire.Yves Dutercq - INRP - explique "qu'au conseil d'école, les parents font figure d'invités. Ils ne peuvent s'exprimer qu'à des moments précis, lorsqu'on les interroge, pendant un temps généralement très court. Ils doivent maîtriser le langage qu'utilisent les enseignants, souvent très éloigné du leur. Ils sont tenus aussi de savoir précisément quel sujet doit être abordé, à quel moment et dans quelle enceinte. Ce contexte aboutit à réduire les parents les moins armés au silence. Il diminue en tout cas largement la porte des interventions".Agnès Henriot Van Zanten - chercheur - ajoute… "les parents invités formellement à participer, sont presque toujours "hors-sujet" lorsqu'ils expriment un avis"….Depuis 6 ans, nous avons mis en place différents modes de rencontres avec les parents d'élèves, en particulier les parents d'élèves élus.
Nous avons préféré au terme de formation celui d'accompagnement qui nous semble moins modélisateur."La question, aujourd'hui, est de moins en moins de mettre les gens à la norme, de les éduquer, car alors on ne leur laisse le choix que de se soumettre ou de se démettre, mais le problème est de savoir comment penser des modes d'intervention politique qui construisent l'espace socio-culturel permettant aux gens de construire, de parler et de dire leur propre expérience. Les questions qui se posent très directement sont des questions de reconnaissance et d'inscription de ce qui est vécu par cette population dans un espace public et dans un espace civil" - Didier Lapeyronnie -
Des rencontres de travail conviviales entre parents et enseignants, des espaces de parole, d'échanges, de propositions, de construction collective… de transformations…. (des lieux de mutualisation et de coproduction).
Pourquoi ?…
Pour :- dépasser le "malentendu" entre la communauté scolaire et les parents d'élèves élus, clarifier les rôles des uns et des autres, les demandes et les attentes de chacun, favoriser la représentativité des parents élus pour l'implication du plus grand nombre, faciliter le dialogue et la relation de confiance, valoriser les compétences parentales et développer le lien social,
Où ?
Dans les 3 groupes scolaires primaires et dans le collège mais aussi dans le quartier (centre d'animation, centre socio-culturel) ce qui permet de réunir l'ensemble des parents élus des 4 groupes scolaires….
Quand ?
Selon la disponibilité des parents élus : le samedi matin - un après-midi de classe (direction déchargée) - en soirée ….Une garderie est systématiquement organisée lorsqu'il n'y a pas de classe.
Les contenus :
l'accueil des nouveaux parents, la lisibilité de l'école : la connaissance des personnes, le fonctionnement de l'école…. répondre à toutes les questions que se posent les parents élus…, le fonctionnement du conseil d'école : la préparation (les questions des parents, la compréhension de l'ordre du jour…), la participation et l'intervention des parents au conseil d'école, la circulation de l'information après le conseil d'école, l'accompagnement du groupe sur des problèmes de l'école…, un sujet étudié par l'ensemble des parents élus (conduite de réunion, question de justice, les parents accompagnateurs des sorties scolaires….).
Des transformations :
Depuis 6 ans, on observe un nombre croissant de parents élus : les sièges des parents représentants dans les différentes instances (conseils d'école, conseils de classe, conseil d'administration) sont pourvus, Avant les élections, les parents sont invités à une rencontre conviviale au cours de laquelle les "anciens" expliquent le fonctionnement du groupe et le rôle du parent élu….Ceux qui ne souhaitent pas s'engager ont la possibilité de participer aux rencontres dans l'année…(depuis 2 ans, 4 à 5 parents participent d'abord aux rencontres et se présentent ensuite), Les écoles affichent les photos et identités des parents élus, Dans un groupe scolaire, les parents élus diffusent un bulletin d'informations trimestriel, Les conseils d'école, de classe sont transformés "matériellement"…, Dans un groupe scolaire, les questions des parents sont les premières de l'ordre du jour, Les dates des conseils d'école, de maîtres sont diffusées en début d'année afin d'organiser les rencontres en fonction…, Une garderie est systématiquement organisée lorsqu'il y a conseil d'école, rencontre…, Les parents participant au groupe ont acquis une plus grande confiance en eux, prennent plus facilement la parole, s'impliquent dans les activités de l'école et du quartier. Des femmes ont entrepris des démarches de retour à l'emploi voire de formations qualifiantes, Depuis 3 ans, les parents du primaire entre au collège,
Des difficultés :
Malgré des amorces de transformation, nous nous heurtons toujours aux mêmes difficultés : Des formations parfois insuffisantes des enseignants sur la relation Ecole - Famille, Manque de reconnaissance institutionnelle de ce travail qui pourrait se traduire en terme de temps pour les enseignants…, Risque de développer une "élite de parents", Peu d'évolution du pourcentage de votants aux élections, Les parents en grande détresse ont du mal à être concernés par un type de démarche participative, Les parents du collège…, c'est réfléchir à la place et au rôle des parents d'adolescents… Ce projet d'accompagnement prend en compte les réalités du quartier. Les actions mises en place émergent des demandes et des attentes. Ce projet, ces actions ne sont pas modélisables….Ces actions s'inscrivent dans le temps et la durée… et s'appuient sur des équipes stables…En tant que tiers extérieur, l'approche est distanciée. On ne porte pas de jugement, on dédramatise. Les rencontres ne sont plus en face à face mais "en triangle".Ces actions prennent en compte l'accueil, la convivialité, l'échange mutuel, et donc la capacité à écouter, et l'émergence des réponses du et dans le groupe….
Il s'agit moins de formation que d'aide et d'accompagnement.
(témoignage vidéo) Josiane RONDIN précise qu'elle ne pourra être présente aux rencontres organisées à Coutances car les élections des parents d'élèves se déroulent le même jour.Quel est l'intérêt de prendre une part active dans le fonctionnement de l'école de vos enfants ? Telle est la question qui donne suite à l'entretien ci-dessous.
Pourquoi êtes-vous devenues parents d'élèves élus ?
Lors d'une rentrée scolaire, Isabelle GENEAUX a été confrontée à la fermeture de la classe que devait intégrer son enfant. Elle a pu échanger, obtenir des explications sur le fonctionnement de l'école et a décidé de devenir représentante des parents d'élèves.Pour Josiane RONDIN c'était un bon moyen d'intégration dans la vie du quartier. C'était une façon de connaître du monde alors qu'elle était mère au foyer. De plus, c'était une manière de savoir se qui se passait dans l'école de sa fille.
Comment avez-vous mobilisé les autres parents ?
Isabelle GENEAUX explique que lors de la fermeture d'une classe de maternelle de l'établissement Vieira Da Silva, elle a expliqué son rôle et l'intérêt de ce rôle. Elle s'est également mise à l'écoute des parents présents. Le contact (direct) est important pour mobiliser de nouveaux parents.
Comment intégrez-vous les futurs parents d'élèves ?
Les parents d'élèves déjà élus proposent aux parents, désireux de le devenir, de les suivre lors de la préparation du Conseil d'école ou de la formation. Ils sont donc présents et sont invités à participer aux divers débats.En général, par la suite, des parents "spectateurs", deviennent acteurs et sont parents d'élèves élus, en sachant ce à quoi ils s'engagent.
Que vous a apporté la formation parents d'élèves mise en place par la F.O.L. ?
Plusieurs atouts : prendre confiance en soi prendre des notes savoir et oser prendre la parole apprendre à travailler en vue du Conseil d'école rencontrer les autres parents d'élèves élus et les gens du quartier enlever la barrière parents / enseignants savoir ce qu'on peut dire ou pas savoir qu'on s'engage pour l'école et les élèves et non pas pour son enfant uniquement mieux intégrer et écouter les nouveaux parents élus
Ce rôle de parents d'élèves ouvre t-il des portes ?
Oui, plusieurs opportunités sont offertes. Certains parents élus retrouvent un emploi, reprennent une formation. D'autres sont embauchés dans les écoles pour les animations et entrent en contact ainsi avec les structures du quartier. Structures de quartier qui proposent, elles aussi, des emplois en relation avec l'école.Mesdames GENEAUX et RONDIN précisent qu'elles sont désormais capables de prendre des responsabilités puisque leur rôle de parent d'élèves leur a redonné confiance en elles-mêmes.
Qu'avez-vous rencontré comme difficultés ?
L'engagement à long terme peut entraîner une certaine lassitude, un désengagement.
Et comme réussite ?
mobilisation contre la fermeture d'une classe qui a jusqu'à présent permis le maintien de cette classe
offre d'une scolarité favorable à tous
Comment contactez-vous les autres parents ?
Chaque parent touche une catégorie de parents différente. De là, découle un effet "boule de neige" qui favorise la mobilisation et l'information.
Les parents élus profitent de la sortie des écoles pour avoir un contact direct primordial avec les autres parents.
Deux exemples d'actions mises en place par les parents élus au conseil d'école ?
Restaurant scolaire Suite à un mécontentement croissant des parents d'élèves, les parents élus ont organisé un sondage pour connaître les satisfactions et les difficultés que pouvaient rencontrer les parents d'élèves. Ce sondage était anonyme sauf si les parents souhaitaient mentionner leur nom. De ce sondage est ressorti l'idée, entre autres, que les repas n'étaient pas équilibrés. L'étude de ce sondage a permis d'étudier le sujet en conseil d'école en présence du régisseur et d'apporter des réponses aux questions soulevées par l'enquête. Sorties scolaires Un questionnaire a été donné aux enseignants afin de savoir ce qu'ils attendaient des parents, s'ils avaient, ou non, besoin de parents accompagnateurs, pour quoi faire…. Depuis, il a été créé une formation "Accompagnement Sorties Scolaires" et aborder sur la demande des parents et des enseignants trois sujets : l'accompagnement au musée, la législation, la réglementation et la sécurité, la rédaction d'un "guide pratique de l'accompagnateur des sorties scolaires".
Projet de la Zone d'Education Prioritaire de la Grâce de Dieu à CAEN : "Enrichissement des relations entre l'école et les familles".
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