- Représentent
un fort pouvoir d’achat (30 à 40
Md d’euros (chiffres avancés par
agences « jeunes » spécialisées,
mais impossibles à vraiment vérifier)
pour 11 millions d’ados entre 11 et 19
ans. « Il faut les habituer à dépenser
le plus tôt possible pour en faire de bons
consommateurs. »
- Un public curieux de tout : 83% disent essayer les nouveautés
- Prescripteurs pour les achats familiaux : 76% pour l’alimentaire, 80%
pour les loisirs. Cible déclarée comme privilégiée
par de grandes marques comme Coca-Cola, Reebok ou même Volvo, qui dit
s’adresser en priorité aux 15-25 ans.
- Ont un effet d’entraînement : une fois qu’ils ont adopté un
produit ou une mode, les plus jeunes et les adultes suivent ensuite le mouvement.
En conséquence,
ils sont « 100 fois plus sollicités
qu’un adulte » par le marketing
2 - DES MARQUES INÉVITABLES ?
Ont su
se rendre incontournables dans le processus
de construction de l’identité des
adolescents,
- qui ont besoin de se démarquer des adultes et de leurs parents
- qui aiment se faire remarquer
- qui cherchent les mêmes signes distinctifs que leurs pairs
Ont développé une phraséologie pour le justifier, disant:
- qu’elles sont le passeport social des ados
- qu’elles sont des références
- qu’elles véhiculent une philosophie
- qu’elles jouent un rôle d’éducateur (en prônant
certaines valeurs)
« Dans un monde qui perd ses repères, la marque reste un élément
de référence solide, une garantie et en même temps un lien. »
Le prix élevé revendiqué par la marque est-il une garantie
de qualité ?
Exemple des baskets, symbole de l’attraction vestimentaire des ados :
Répartition de ses coûts
- Fabrication en Extrême Orient 12 %
(dont 0,5 % pour le salaire de la personne qui fabrique)
- Transport et taxes 5 %
- Circuit de distribution 50 %
- Marque 33 %
Dont Publicité/promotion 9 %
Recherche et
développement 11 %
Bénéfices 13 %
3 - LES TECHNIQUES DE MARKETING
Des
méthodes de plus en plus subtiles, qui
se sont affinées très récemment.
Pour deux raisons :
- Constat d’une « insensibilisation croissante des clients et notamment
des plus jeunes aux mécaniques classiques du marketing ». Il faut
donc recourir à un marketing « se recentrant sur la vie réelle,
le mouvement, l’affect, l’émotion, les sens.»
- Montée en puissance de l’Internet et depuis 2005, le téléphone
portable. 87 % des 12-17 ans surfent et 66 % des 12-17 ans ont un portable.
(voir annexe 1)
Des
jeunes découpés en tranches
Des agences spécialisées en « socio-styles » se livrent à des études
qualitatives et quantitatives pour tenter de cerner les goûts des adolescents
pour les répartir en « tribus » selon leurs centres d’intérêts
: hertziens, ermites, lolitas, babs, épicuriens, skates, gothiks, shalalas,
raincis, hipop, lascars ou lascarettes…la liste se renouvelle sans cesse.
En quoi ce découpage au scalpel intéresse-t-il les marques ?
C’est un outil indispensable, disent-elles, pour cerner au plus près
les moindres de leurs demandes. Reste à savoir s’il s’agit
bien de répondre à des besoins, nettement repérés,
ou bien plutôt de créer de nouvelles envies. A-t-on réellement
besoin par exemple des 1700 nouveaux produits qui envahissent nos magasins
chaque année dans les seuls domaines de l’alimentation, l’hygiène
et la beauté ? Surtout quand on constate que près des deux tiers
(1100 environ) ne sont que des clones de produits existants. Et que 70% des
nouveautés ont un prix plus élevé que les produits déjà sur
le marché.
Une
mécanique se déclinant en 3 niveaux
1er niveau : le people ou uppers
Considérés comme des vecteurs de prescription, ils appartiennent
au monde du sport, du show-biz, du cinéma ou à celui, plus éphémère
de la télé-réalité.
Les marques ont recours à eux de diverses façons.
- Des invitations, de façon ponctuelle, à des soirées
VIP de lancement.
Avec relais des magazines, (people ou news) sous forme de photos légendées.
Plus efficaces -et beaucoup moins chères- que les pages de publicité classique.
- Des accords pour porter ou utiliser le produit de la marque, sous forme de
contrats allant de quelques mois à un an, voire plusieurs années.
Zinedine Zidane, par exemple a passé un accord de 12 ans avec Danone.
Le but : s’insérer dans le processus d’identification très
important pour les adolescents, au moment où ils cherchent leur propre
identité. Il s’agit, explique le responsable marketing d’Adidas,
de « cultiver l’envie, en rendant accessibles des icônes
comme Djibril Cissé ou Medhi Baala. » Quand on admire une vedette
on aura tendance, plus ou moins consciemment à aimer aussi ce qu’elle
met en avant.
2ème
niveau : Le relais des early adopters , grâce
au buzz marketing
Consiste à sélectionner certains membres du public visé.
Des agences spécialisées se chargent de repérer soit sur
les chats d’Internet, les forums, les sites personnels ou les blogs,
soit dans les lieux fréquentés par les ados –sorties des
lycées et collèges, concerts ou événements sportifs-
les jeunes qui jouent un rôle de leaders dans les groupes auxquels ils
appartiennent. Une fois repérés, ces jeunes se voient proposer
divers privilèges exclusifs de la marque : invitations à des
soirées de lancement, objets de promotion… qui les incitent à l’adopter
aussitôt.
Le but : « Créer de véritables connexions émotionnelles,
génératrices de buzz, en utilisant des supports et des opérations
originales dans la rue et sur Internet. » Le buzz marketing, autrement
dit le bouche à oreille, que ces jeunes, considérés comme
les « leaders de tendance », utilisent spontanément pour
faire passer le message autour d’eux, encouragés par des concours
ou des systèmes de SMS récompensés.
3ème
niveau : Les followers , c’est-à-dire
tous les autres, grâce au marketing viral
Le « virus », comme disent les gens de marketing, a été inoculé à quelques-uns
et il va se diffuser très vite à l’ensemble du public,
grâce aux vertus de l’Internet. La transmission la plus simple
du virus consiste à inciter à envoyer à ses amis une page
ou une information du site, souvent créé pour l’occasion.
Les sociétés de production de films le font presque systématiquement
pour accompagner leurs lancements.
Mais ce qui marche le mieux auprès des jeunes -et des moins jeunes d’ailleurs-
c’est le film viral, ces mini-vidéo publicitaires très
courtes d’un humour absurde, avec des images spectaculaires, un rythme
lent, et une chute rarement prévisible.
Le marketing viral s’accompagne aussi de mesures off ligne, dans la « vraie
vie », ou street marketing : affichages sauvages près des lieux
fréquentés par les jeunes, et actions de « commandos » affublés
aux couleurs de la marque pour distribuer prospectus ou objets de promotion.
Marqueter
sans être vu : le marketing furtif
Ce marketing furtif consiste à diffuser un message favorable à une
marque sans que l’on sache qu’il émane d’elle.
Ce peut être des personnes de la marque qui interviennent incognito sur
les sites et établissent des relations avec des internautes qu’ils
repèrent. Il peut s’agir aussi de susciter des sites de communautés
d’intérêt ou de blogs parallèles proches de la marque.
Ou encore de rémunérer des bloggers pour qu’ils parlent
favorablement de la marque sur leurs pages.
Dans la rue ou les cafés, le furtif peut se glisser dans la peau de
comédiens déguisés en faux clients, payés pour
discourir des bienfaits de l’admirable produit qu’ils viennent
juste d’acquérir.
4 - DES PRODUITS QUI CIBLENT D’ABORD
LES JEUNES
Les ados
sont ciblés en priorité par les
marques qui mettent sur le marché des
produits créés spécialement
pour eux. Et en particulier dans trois domaines.
Le Sucre
- La « fun food » qui favorise le grignotage. Tous ces produits
alimentaires faciles à transporter, qui mélangent les goûts,
les sensations, les apparences et les couleurs.
En conséquence, la consommation quotidienne de sucre par les jeunes
qui devrait tourner autour de 50 grammes s’élève en moyenne à 96
grammes pour les filles et 101grammes pour les garçons.
- Les alcopops, nouveaux produits alcoolisés lancés depuis deux
ans pour compenser le désintérêt des jeunes pour le vin
et dans une moindre mesure pour la bière. Des produits à base
de soda ou de bière associés à de l’alcool, dosés
entre 5° et 10°. Toujours avec du sucre qui éclipse le goût
de l’alcool et rend ces boissons faussement anodines. Du sucre qui accélère
le passage de l’alcool dans le sang et conduit plus vite à l’ivresse.
Des produits aux noms flirtant avec la subversion : Boomerang, Delirium tremens
ou Desperado.
Résultat, malgré la hausse des taxes décidée en
2004 par les pouvoirs publics, la consommation d’alcool augme chez les
garçons.
- Les cigarettes sucrées, à l’étude chez les industriels
du tabac. Une première tentative avec les beedies aromatisées,
cigarettes contenant du tabac roulé dans une feuille d’eucalyptus,
au goût vanille, chocolat, menthe ou ananas. Vendues par correspondance
sur Internet (beedies.net)
L’apparence
et la beauté
Les filles sont traditionnellement les cibles principales de ce secteur, avec
une surenchère de nouveautés, régulièrement présentées
par les magazines s’adressant à ce public.
Exemple : un article consacré aux cheveux en été « 16
gestes pour l’été »… et 16 produits différents
recommandés pour tous les moments de la journée : avant le bain
de mer, pendant ou après, shampooings, après-shampooings, baumes,
etc.
Une nouvelle cible apparaît: les hommes. Une cible « attaquée » par
le biais les plus jeunes depuis cinq ans, avec le relais actif de différents
médias, des journaux quotidiens à la télévision.
Les émissions de ‘télé-réalité’ en
particulier mettent l’accent sur l’apparence des participants et
mettent en avant les très jeunes hommes, tel Steevy du Loft 1, qui montrent
qu’ils prennent soin de leur personne et ont recours quotidiennement à des
produits d’hygiène et de beauté.
Une illustration parmi d’autres des propos de Patrick Lelay, PDG de TF1,
qui affirmait en mai 2004 « Pour qu’un message publicitaire soit
perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible.
Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire
de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages.
Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain
disponible. »
Les
nouvelles technologies, et en particulier le
portable
Pour les jeunes, le portable est un « symbole de liberté » et
fait aujourd’hui partie de leur panoplie incontournable. Dans les bandes,
celui qui n’en possède pas est souvent tourné en ridicule.
66% des 12-17 ans en sont équipés et font l’objet de sollicitations
tous azimuts :
- acquisition du dernier modèle. Ils sont prévus pour avoir une
durée de vie d’environ deux ans. Et pour limiter les frais, tout
changement est proposé en contrepartie d’un renouvellement de
contrat de deux ans auprès de son opérateur.
- achats réguliers de sonneries ou de logos. Ce domaine représente
80% de la publicité des radios et 40% des magazines « jeune ».
- recours aux SMS surtaxés, dont les sociétés émettrices
disent cibler à 95% les moins de 25 ans. Proposent de tout : déclarations
d’amour, conseils de développement personnel, potins sur sa star
préférés ou tests de connaissance pour préparer
le bac.
- téléchargements de musique, vidéos ou jeux pour mobiles.
Souvent en partenariat avec des émissions de télévision,
comme Star’Academy.
- dernière nouveauté : la connexion directe avec l’Internet
et la télévision sur mobile, pour les portables 3G, de troisième
génération. Avec un système d’abonnement (ex : 5€/mois
pour l’offre de Canal+/Orange) + paiement à la commande. Là encore,
la cible prioritaire annoncée est celle des 15-25 ans.
- apparition de nouveaux opérateurs virtuels, qui sous traitent les
services des opérateurs d’origine (Orange, SFR, et Bouyghes) avec
des offres spéciales pour les jeunes.
Exemple : Universal mobile, Virgin ou NRJ, qui vise les 12-25 ans. Ou bien
dès 2006, Disney qui dit vouloir s’adresser à la famille.
C'est-à-dire aux très jeunes.
5 - DE NOUVEAUX LIEUX DE SOLLICITATION
- Des
magasins de mode féminine qui cultivent
l’éphémère :
avec des produits à prix moyens mais
renouvelés tous les 10 à 15 jours,
incitant à acheter dès la première
visite et à revenir régulièrement.
Sont également en développement,
des chaînes de distribution ou des étages
uniquement consacrés aux filles (Tamy,
Jenyfer, ou futurs magasins de Het M ou Zara)
- Des magasins de vêtements de marques
pour les garçons, ou de nouvelles technologies, qui cultivent la rareté :
des produits très chers et en nombre limité, incitant à acheter
tout de suite pour faire partie des premiers acquéreurs. Les autres
devront attendre plusieurs semaines pour suivre le mouvement.
- Des Magasins qui se veulent nouveaux « lieux
de vie » des ados. Magasins spécialisés
pour les jeunes, garçons et filles, associant vêtements, bar et
musique (exemple : Galeries Lafayette V.O., au sous-sol du magasin de Paris).
- Des lieux où l’on travaille
particulièrement le marketing sensoriel :
combinaison de musique et d’olfactif pour accueillir le jeune, le retenir
et lui donner envie de revenir.
6 - UN RELAIS EFFICACE DE LA PUBLICITE
Une
pub classique à la télévision
pour l’alimentaire et tous les produits
de grande distribution.
-Les poids lourds comme Nestlé ou Danone ont des budgets de pub annuels
de 300 millions d’euros quand l’Aprifel (Agence pour la recherche
et l’information en fruits et légumes frais ) ne peut y consacrer
que 6 millions d’euros.
-L’alimentaire représente 26,4% de la pub diffusée à la
télévision (30% sur TF1)
-48 spots sur les 63 diffusés en moyenne pendant les programmes du matin
sont consacrés aux produits alimentaires sucrés.
Une pub qui se développe au
cinéma, avec les placements de produits, autorisés
dans les films alors qu’ils sont interdits pour l’instant à la
télévision. Placements sous trois formes : le produit
est vu durant une scène ; le nom du produit est cité dans
les dialogues échangés par les acteurs ; le produit
est pris en main par un ou plusieurs acteurs.
Une pub qui a de plus en plus recours
au jeune pour la véhiculer :
-En arborant la marque sur ses vêtements
-En participant au buzz marketing (voir plus haut)
-En participant gracieusement à des castings publicitaires. Exemple
: Coca Cola qui a organisé en 2004 un concours dont les deux gagnants
ont tourné la pub qui a été diffusée ensuite dans
les salles de cinéma.
-En portant des tatouages siglés d’une marque, sur le bras ou
le front, comme au Canada, en contrepartie de bons de réduction de la
marque.
7 - COMMENT REAGIR ?
Les questions/réponses
des participants à l’atelier
Comment aider
les jeunes à cerner les sollicitations
permanentes qu’ils subissent ? (Les gens
de marketing disent qu’ils sont cent fois
plus sollicités que les adultes)
1.
Les limites du marketing
Il n’y en a pas vraiment. Les professionnels sont très inventifs.
il y aura donc toujours d’autres sollicitations. Il est d’autant
plus important d’en connaître les mécanismes pour les repérer,
pouvoir en parler, et faire ses choix en connaissance de cause.
2.
Quels sont les parades aux infiltrations de
pub sur Internet ?
Il existe des logiciels de contrôle parental (cf Conférence de
la Famille). Ils fonctionnent sur deux modes : pour les enfants, un système
de liste blanche des sites dont la visite est autorisée. Et pour les
plus grands, un système de liste noir des sites interdits, avec la possibilité de
contrôle des sites visités a posteriori.
A compter de juillet 2006, les fournisseurs d’accès seront obligés
d’en mettre un à disposition de tous. Mais seront-ils gratuits
ou payants ?
3. Des groupes de pression peuvent-ils
agir pour limiter les achats ‘’inutiles’’ ?
Oui…mais… attention aux récupérations. Exemple :
le sucre dans la fabrication de produits élaborés. Une entreprise
comme McDonald fait intervenir une diététicienne sur son site.
D’autres proposent des menus soi-disant moins caloriques, parrainent
des associations de malades, de solidarité diverses. Ou encore introduisent
dans les produits des sucres camouflés sous des noms chimiques inconnus
du grand public. De même les producteurs d’alcool vont informer
sur l’abus de l’alcool, ou l’industrie du tabac dire que
c’est un produit pour les adultes, mais tous vont chercher à augmenter
leurs ventes en s’adressant en priorité aux jeunes !
Nous sommes dans la contradiction, le double discours et l’hypocrisie
qui demandent beaucoup de vigilance.
4.
Quels peut être le rôle des parents
?
- Les parents sont en partie complices de cette mécanique de consommation
(c’est eux qui payent) et doivent être capables de dire non à leurs
enfants en argumentant leurs refus et les aidant à réfléchir.
- Suggestion d’une association de parents d’élèves
d’un lycée de Nantes : si tous les parents d'un quartier, ou les
parents d’élève d’une classe se mettaient d'accord
pour tenir le même discours concernant les marques face à leurs
enfants, ils se sentiraient plus forts pour contrer ce harcèlement incessant.
Et pourraient répondre plus sereinement à leur enfant réclamant
tel ou tel produit avec l’argument qui fait mouche « mais X ou
Y, eux leurs parents ont dit oui ». Une façon de démonter
le « ils font tous pareils ». Cette association de parents s’est
organisée en groupe de paroles pour « faire front » ensemble.
- Ne pas hésiter à établir des comparaisons. A son fils
qui réclamait un nouveau jean, une mère a montré le ticket
des courses de la semaine faites au supermarché et qui s’élevait à une
centaine d’euros…le même prix que le jean.
5. Le relais des professionnels
- Les professionnels travaillant auprès des jeunes doivent avoir un
rôle d’information sur le mécanisme de cette spirale de
la consommation et leur faire prendre conscience qu’ils sont eux-mêmes
utilisés, manipulés, harcelés…
Exemple cité par une infirmière scolaire (CES) au sujet des baskets
non lacées et leurs conséquences sur la santé (champignons,
effets sur la colonne vertébrale,…). Elle a fait venir un podologue
pour expliquer les conséquences catastrophiques d’un port de chaussures
non lacées. « Tous les jeunes ont ensuite regardé leurs
pompes !! » et accepté de les lacer au moins pour la gym. Un premier
pas pour les inciter ensuite à alterner avec d’autres chaussures.
- Dans les collèges pensez au Comité d’éducation à la
santé et à la citoyenneté. Exemple du lycée de
Limoges qui a organisé dans ce cadre une demi-journée d’information
pour les jeunes qui le souhaitaient, sous forme d’ateliers sur le thème
de l’alimentation. (Voir annexe 3)
- Saisir –avec humour- les occasions qui se présentent de leur
montrer qu’ils ne sont pas « libres » comme ils le pensent.
Exemple : combien es-tu payé pour porter cette marque ? Les jeunes rient
mais enregistrent.
- Limiter le recours aux mallettes pédagogiques, dont l’information
est toujours pilotée par la marque donc incomplète et souvent
partiale. Voire en faire une analyse critique avec les élèves.
Et prohiber tant que faire se peut l’entrée des marques dans le
milieu scolaire.
- Etre très stricte sur la non consommation de tabac et d’alcool
dans et autour des écoles. Même pour les très grandes classes.
C’est autant d’heures sans tabac de gagnées. Les élèves
eux-mêmes le reconnaissent comme une aide pour tenter d’arrêter.
ANNEXE 1
Les Jeunes et l’Internet
87 %
des 12-17 ans surfent
56 % des 12-17 ans utilisent les messageries (comme MSN), 31 % recherchent
des
informations, 4 % téléchargent de la musique, 2 % jouent.
83 % des 8-18 ans surfent seuls
3,5 millions de jeunes entre 12 et 25 ans utilisent en France la messagerie
instantanée de MSN Messenger (Microsoft) ; une croissance très
rapide : X 3 en un an. Peuvent y échanger jusqu’à 15, avec
webcams et émoticones, joindre des illustrations et photos. Et bientôt
un weblog. Spécificité européenne (Pays-Bas, Belgique,
Espagne, et France) mais pas aux USA ou au Japon (trop intrusif ?).
61 % des 15-25 ans le considèrent comme leur 1er média (49 %
la télévision, 35 % le cinéma, 29 % la radio, 17% la presse
quotidienne, 9% les magazines)
L’intérêt de l’internet pour le marketing
- Des « communautés » qui
se créent sur le net (nouvelle dénomination
du segment) permettant un marketing interactif.
On peut donc cibler directement ces groupes qui «s’identifient
sur la mise en commun d’un espace-temps
existentiel ou sur le partage de valeurs, d’intérêts,
des sentiments ou des comportements, avec une
certaine intensité relationnelle ».
- Des connexions qui s’établissent directement entre les personnes
- Disparition des intermédiaires : « le Net présente l'opportunité d'être
en relation directe avec le consommateur et non plus via le point de vente
ou un média traditionnel. » On parle de Marketing one to one ou
marketing personnalisé.
- Possibilité de collecter des informations relatives aux personnes
ciblées et de constituer facilement des banques de données.
- Un rapport coût/efficacité très performant
- La rapidité d’évolution constante des techniques et des
outils de recherche sur l’Internet demande une évolution incessante
de ce marketing (nouveau dans le domaine du marketing traditionnel)
- 4 domaines de prédilection des jeunes : musique, vêtements,
sport, nouvelles technologies.
ANNEXE 2
Comme
une traînée de poudre : le marketing
viral
Le marketing
viral est né d’abord sur le bas
des e-mail, fournis par les fournisseurs d’accès à Internet
(FAI). Pionnier, Yahoo, service gratuit de messagerie,
comportait une signature en bas des e-mails envoyés
par ses usagers : « Do you Yahoo!? New
and Improved Yahoo! Mail-100MB free storage! ».
Le récipiendaire pouvait s’inscrire
au service de Yahoo, par un simple click sur
le mail reçu. Selon la même méthode
de lien hypertexte au bas de chaque e-mail, le
virus de Hotmail a « contaminé » 12
millions d’utilisateurs en à peine
18 mois .
Dans son livre, The Tipping Point, Malcolm Gladwell a réalisé une étude
très complète sur la manière dont un produit ou une tendance
peut se diffuser. Il démontre que la propagation d’une tendance
est très similaire au comportement des maladies et des épidémies.
La contamination initiale est d’abord le fait d’une minorité d’individus
particulièrement « énergiques » et une fois un nombre
critique atteint (le « tipping point » ou « point bascule »),
la propagation devient exponentielle.
ANNEXE 3
Ateliers « Alimentation » dans
le cadre du Comité d’éducation à la
santé et à la citoyenneté
Organiser des
ateliers de la taille maximum d’une classe,
pour conserver un fonctionnement interactif,
avec la participation des enseignants intéressés
par la démarche.
Exemple de la
journée d’information organisée
au lycée professionnel de Limoges, en
avril 2005, avec trois ateliers tournants :
- Mon
alimentation habituelle est-elle équilibrée
?
Avec le « bateau » de l’Afssa (Agence française pour
la sécurité sanitaire des aliments) présenté sur
le site Internet www.afssa.fr (cliquer sur le carré en haut à droite
de la page d’accueil, quand le bateau apparaît). Les voiles et
les parties de la quille représentent les différentes catégories
d’aliments.
Le jeu consiste à voir si le bateau correspondant à sa propre
consommation flotte, et si ce n’est pas le cas de voir comment le rééquilibrer.
- Que
mangez en fonction de mon activité ?
Découverte, avec les enseignants d’éducation physique et
sportive, des besoins alimentaires différents selon l’activité exercée
( sport d’endurance, sport intense, ou lecture sédentaire par
exemple). Utilisation d’une brochure publiée par l’Inpes
(Institut national de prévention et d’éducation à la
santé), téléchargeable sur le site : http://www.inpes.sante.fr/
rubrique « la santé vient en bougeant ».
- Comment
savoir ce que je mange ?
Demander aux élèves de venir avec les emballages des produits
qu’ils préfèrent particulièrement. Sodas, goûters
sucrés, chips salés, chewing-gums…
Les faire se regrouper en petits groupes par types de produits. Objectif :
comparer les allégations de la publicité sur le packaging, voire
celles vues à la télévision ou dans les magazines, à la
liste des ingrédients composant le produit. Puis faire la présentation à l’ensemble
du groupe, avec par exemple les produits à consommer en priorité,
ceux à rejeter, et pourquoi…
Des exemples concrets, pris dans les produits que les jeunes aiment manger,
sont plus efficaces qu’un long discours. 2 exemples :
- Deux paquets de barquettes aux abricots LU, l’un siglé Taillefine
semble a priori le plus « léger », mais est en fait plus
calorique que l’autre vendu sous la seule marque LU.
- Chewing-gums vendu « sans sucres» sur l’emballage sont
en fait caloriques, car contenant des polyols, qui sont des glucides mais ne
rentrant pas dans la catégorie « sucre » stricto sensu ou « saccharose ».
Le marketing joue sur les mots. Mais sur la liste des ingrédients, le
chewing-gum Hollywood sans sucres par exemple annonce glucides = 67 g, dont
sucre = 0, polyols = 67 g. (Et consommer 3 unités de polyols équivaut à consommer
2 unités de sucre classique).